Récit d’un « 8 Marche » à Alger

Récit d’un « 8 Marche » à Alger
Les marches des vendredis 22 février et 1er mars 2019, avaient toutes deux débuté vers 14H à Alger. Les manifestants attendaient la fin de la prière du vendredi pour commencer les marches contre la candidature du président sortant pour un 5e mandat et pour revendiquer un changement structurel du système politique en Algérie.

Ce troisième rendez-vous, organisé le 08 mars qui correspond avec la journée mondiale de la femme a fait sortir les manifestants avant l’heure habituelle. Vers 11H déjà les places phares d’Alger étaient noires de monde. Des familles, des groupes d’amis et surtout des groupes de femmes  occupaient les rues d’Alger.

A midi une petite  marche a démarré  de la place Audin vers la Grande poste et d’imposants  rassemblements se sont forme un peu partout. 

Les forces de l’ordre ont complètement quadrillé la ville, des centaines de milliers de personnes se sont retrouvées bloquées. Cette situation n’a nullement découragé les manifestants . Le cœur de la capitale s’est transformé en une salle des fêtes à ciel ouvert.

Dans une ambiance très festive, les marcheurs ont commencé à scander leurs slogans contre le 5e mandat.  Ils s’étaient couverts des couleurs de l’emblème national. Mais le plus marquant c’était la présence des  femmes qui ont répondu aux appels lancés sur les réseaux sociaux. Pour elles, il s’agissait de célébrer la journée de la femme dans la rue tout en s’opposant au système politique actuel. Non seulement elles ont répondu à l’appel mais la plupart d’entre elles étaient habillées de tenues traditionnelles. Impressionnés par leur beauté et leur courage, les hommes les ont accueilli  avec des fleurs.  Des gens hommes portant de grands bouquets de fleurs faisaient le tour d’Alger et offraient des roses aux femmes de tout âge en leur souhaitant bonne fête.

Les manifestants  portaient des pancartes de différentes tailles dans différents langues. Ceux qui n’ont pas prévu d’en prendre ne sont pas resté les mains vides.  Des jeunes ont distribué des dazibaos d’une grande créativité. Une jeune fille, la vingtaine, accompagnée de sa maman était installée à la place Audin et préparait avec ses propre moyens des pancartes personnalisées aux protestataires. Non loin de là, un jeune homme avait un carton de pancartes et les distribuaient à ceux qui en voulaient. Les instruments de musique ont été très présents à la manifestation d’aujourd’hui. Ils ont accompagné les chants politiques. 

Alors qu’un énorme nombre de personnes marchait à Alger, les boutiques, restaurants et les cafés n’ont pas baissé rideau et ont continué à travailler. Chose qui a rendu un grand service aux marcheurs. Ces derniers faisaient des pauses pour manger, prendre un café ou bien acheter des bouteilles d’eau et les distribuer sur les manifestants.

En plus de ces boutiques,  des jeunes chômeurs ont profité de cet événement pour faire un petit commerce. Au tunnel des facultés, Mohamed vendait des « MHADJEB », trois pièces à 100 DA. Un prix qui arrange apparemment  les manifestants qui ont formé une queue devant son couffin. D’autres jeunes vendaient des drapeaux  algérien à 500 DA.

Alors que la manifestation était en cours,  beaucoup de personnes ont commencé à nettoyer les rues. Munis de sacs poubelles, ils ramassaient bouteilles gobelets. Il y avait aussi des groupes de secouristes qui se déplaçaient d’une rue à une autre pour intervenir en cas d’urgence. L’association « TAFATH OUMAGHVOUNE » de Fréha, wilaya de Tizi Ouzou a mobilisé un groupe de secouristes qui s’est déplacé a Alger. Ils sont intervenus plusieurs fois pour des cas d’évanouissement. La présence de ces groupes de secouristes a été très utile. A la sortie du tunnel des facultés un jeune de 21 ans s’est fait agressé par un voleur qui voulait lui arracher  son  téléphone. Le voleur lui a donné un coup de couteau à la cuisse.  Heureusement que les secouristes bénévoles n’étaient pas loin et ont pu le soigner. Parmi eux, il y avait des médecins qui ont fait le nécessaire pour la victime.  

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