Reconsidérer la place de l’entreprise algérienne dans la nouvelle stratégie économique (experts)

Reconsidérer la place de l’entreprise algérienne dans la nouvelle stratégie économique (experts)

La relance de l’entreprise et l’internationalisation des entreprises algériennes étaient les sujets proéminents des ateliers qui se sont déroulés hier, au Palais des nations, lors de la conférence nationale sur le développement économique et social.

 

La diversification des recettes nationales hors hydrocarbures à l’horizon 2019, prônée par le gouvernement,  doit passer impérativement par le secteur industriel, et surtout par la révision de la place accordée à l’entreprise, « longtemps abandonnée », selon M. Bia Chaabane, directeur du laboratoire Managent des Organisation à l’Université de Tizi Ouzou.  « Pour redonner vie à l’entreprise, il faut impérativement lutter contre l’informel »,  a-t-il recommandé lors de la conférence nationale sur le développement économique et social qui se déroule au Palais des Nations.

Pour lui,  la « relance » de la place de l’entreprise dans la stratégie de diversification de l’économie nationale «  ne viendra pas des décisions politiques et des arrêtés dictés ». « C’est le travail effectif avec les gens du terrain qui changera les choses », a-t-il ajouté.  

A coté du climat des affaires,  ce sont les questions intrinsèques au monde de l’entreprise qui étaient au centre des préoccupations des investisseurs algériens et étrangers lors de la conférence. « Les contrats que l’on conclut conformément à la législation algérienne, limitent beaucoup notre liberté de gestion de la société », regrette Paolo Burlando, directeur au sein de l’entreprise italienne de cimenterie Buzzi Unicem, implantée à Annaba et Sour El Ghozlane. «  Nous ne voulons pas remettre en question  le contrôle public des entreprises publiques économiques (EPE), mais nous demandons plus de flexibilité et de liberté dans la prise de décisions rapides et efficaces, cela est un point qui pénalise les actes de gestion, qui décourage les investisseurs ét! rangers », déplore-t-il.

Dans ce même ordre d’idées,  M. Burlando, donne pour exemple de combinaison réussie entre la propriété publique  et la gestion privée, le modèle chinois, où l’ensemble des entreprises publiques confient leurs gestions aux privés spécialisés, ce qui, selon lui, était pour beaucoup dans le décollage économique de la Chine dans ses dernières années.

Permettre aux entreprises algériennes de s’internationaliser

Lors des rencontres du Club des pins, il a été question aussi d’encourager les entreprises nationales à investir à l’étranger. « L’investissement doit se faire de manière asymétrique, nous venons, nous, investir en Algérie, mais il faudrait étudier la possibilité de permettre à plus d’entreprises algériennes de venir investir en France », a appelé Jean Louis Levet, Haut responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne.

Mais, cela passe par « la permission aux entreprises nationales d’acheter des actions à l’étranger, comme début de l’externalisation des entreprises nationales », selon l’économiste M Bouabdellah. Ce qui n’est pas le cas actuellement, avec une législation sur la monnaie et le crédit des plus contraignante.

A l’Agence nationale chargée de la promotion du commerce extérieur ( Algex), une opération d’identification des secteurs hors hydrocarbures à fort potentiel à l’export est en cours, a indiqué Astouati Idir, directeur de l’analyse des marchés au sein de l’Algex. Objectif : analyser le potentiel des produits du secteur de l’agroalimentaire, de l’industrie manufacturière et la sous-traitance notamment.  «  Nous comptons, à court terme, élever de 5% nos exportations dans ces secteurs. A ce propos, j’invite les investisseurs et les entrepreneurs voulant s’internationaliser à venir vers nous, et à nos accompagner dans nos activités », a-t-il appelé.

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