Le concours national de recrutement d’enseignants bat tous les records de candidature, avec un ratio de 40 candidats par poste, révélant l’ampleur du chômage des diplômés universitaires et l’attractivité croissante de la fonction publique.
L’Algérie fait face à un paradoxe éducatif majeur. Alors que le système universitaire produit chaque année des centaines de milliers de diplômés, le marché de l’emploi peine à les absorber. Le concours de recrutement des enseignants 2025 en offre une illustration saisissante : plus de 1,65 million de candidatures pour seulement 40 500 postes disponibles, soit un taux de sélectivité de 2,4%.
Un engouement qui traduit les tensions du marché du travail
Ce chiffre record, révélé samedi par le ministre de l’Éducation nationale Mohamed Seghir Saadaoui lors d’une journée de formation destinée aux journalistes spécialisés, dépasse largement les éditions précédentes. Cette affluence massive ne reflète pas uniquement une vocation pédagogique généralisée, mais plutôt la rareté des opportunités d’emploi stable pour les diplômés de l’enseignement supérieur, particulièrement dans les filières littéraires et scientifiques fondamentales.
La fonction publique, et notamment le secteur de l’éducation, apparaît ainsi comme un refuge pour des milliers de jeunes qualifiés confrontés à un secteur privé atone et à un marché de l’emploi saturé. La sécurité de l’emploi, les avantages sociaux et la perspective d’une carrière stable constituent des facteurs déterminants dans ce contexte économique incertain.
Digitalisation et critères de sélection stricts
Face à cet afflux sans précédent, le ministère mise sur la digitalisation intégrale du processus pour garantir transparence et équité. Les inscriptions, lancées le 16 décembre 2025 via la plateforme concours.onec.dz, s’accompagnent d’un système de classement automatisé basé sur six critères cumulatifs : adéquation de la spécialité académique, formations complémentaires, travaux de recherche, expérience professionnelle, ancienneté du diplôme et évaluation lors de l’entretien devant la commission de sélection.
L’étude des dossiers se poursuivra jusqu’au 30 janvier 2026, avant les entretiens programmés pour le 21 février. Cette procédure, entièrement tracée numériquement, vise à écarter toute suspicion de favoritisme, récurrente dans les concours publics par le passé.
















