Les consulats d’Algérie en Espagne, notamment à Alicante et Barcelone, font face depuis plusieurs jours à une affluence exceptionnelle de ressortissants algériens.
Cet afflux est directement lié à la régularisation extraordinaire annoncée par le gouvernement espagnol, qui pourrait concerner jusqu’à 500 000 personnes. Pour constituer leur dossier, les demandeurs doivent impérativement présenter un casier judiciaire algérien récent, devenu la pièce maîtresse de la procédure.
Le casier judiciaire, un document clé
La réforme du règlement des étrangers facilite l’accès aux titres de séjour pour les personnes déjà installées en Espagne, mais la procédure d’« arraigo » impose la preuve de l’absence d’antécédents pénaux dans le pays d’origine.
Sans le bulletin n°3, délivré exclusivement par les autorités algériennes et valable trois mois, les préfectures rejettent automatiquement les dossiers. Cette exigence, combinée à la volonté d’anticiper l’ouverture officielle des demandes en avril, explique l’embouteillage observé devant les chancelleries.
Les consulats algériens disposent toutefois d’un outil essentiel : l’interconnexion numérique entre le ministère des Affaires étrangères et le ministère de la Justice à Alger. Cette plateforme sécurisée permet une vérification instantanée des données judiciaires et l’édition du casier directement au guichet, évitant une paralysie totale face à une demande qui a quadruplé en une semaine.
Forte pression à Alicante et Barcelone
À Alicante, plus de 300 personnes se sont présentées mercredi matin devant le consulat, selon Diario de Alicante, dans un climat globalement calme encadré par la Police nationale. L’accès est réservé aux personnes disposant d’un rendez-vous.
La veille, The Objective — un média souvent associé à la droite dure sur les questions migratoires — évoquait des moments de tension en citant des sources syndicales policières. Ces dernières utilisent un langage alarmiste, parlant d’« avalanches » et d’interventions de maintien de l’ordre, un cadrage largement contesté par d’autres médias locaux.
Une procédure qui ne débutera qu’en avril
Le consulat d’Alicante couvre une juridiction très vaste — Communauté valencienne, Murcie, Andalousie, Ceuta et Melilla — ce qui explique l’ampleur de la fréquentation.
À Barcelone, El Debate rapporte également des files interminables, certaines journées voyant passer près d’un millier de personnes. Une réaction politique isolée a été relevée : un élu local de Vox a tenu des propos ouvertement racistes et xénophobes, immédiatement dénoncés par plusieurs acteurs sociaux et institutionnels.
La régularisation ne pourra officiellement être engagée qu’à partir du mois d’avril, comme l’a rappelé la Secrétariat d’État aux Migrations. Les demandeurs cherchent néanmoins à anticiper les démarches, notamment l’obtention du casier judiciaire et des certificats d’empadronamiento (inscription au registre municipal), eux aussi très demandés.
















