Le cri d’alarme vient de l’Assemblée Populaire Nationale (APN). Le député Jeddou Rabah a adressé une question écrite au ministre des Finances concernant les délais de paiement excessifs. Ces retards bureaucratiques pénalisent lourdement les entreprises, en particulier les PME, et menacent la dynamique économique nationale.
Les entreprises privées algériennes, moteurs essentiels de la croissance et de l’emploi, font face à un obstacle majeur : l’allongement déraisonnable du circuit de paiement public. En effet, de nombreux prestataires et entrepreneurs subissent des délais de règlement qui dépassent largement les cadres fixés par la législation sur les marchés publics.
Un circuit de paiement semé d’embûches
Dans sa question écrite datée du 10 février 2026, le député Jeddou Rabah expose une situation critique. Actuellement, le processus de traitement des factures ressemble à un parcours du combattant. Une fois les travaux terminés, l’entreprise dépose sa facture auprès du service contractant. Ce dernier émet l’ordre de paiement. Ensuite, le dossier transite par la trésorerie de la wilaya avant de rejoindre la Trésorerie Centrale à Alger.
Malheureusement, cette lourdeur administrative entraîne des retards de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois. Les entreprises se retrouvent alors dans l’incapacité de respecter leurs propres engagements financiers. Par conséquent, elles peinent à payer leurs fournisseurs et à verser les salaires de leurs employés à temps.
Si toutes les structures souffrent, les petites et moyennes entreprises (PME) sont les plus vulnérables. Contrairement aux grands groupes, elles ne disposent pas de réserves de trésorerie suffisantes pour absorber ces décalages. Pour ces entités, chaque jour de retard de paiement augmente le risque de faillite.
Pourtant, la loi prévoit des mécanismes de protection, rappelle le député. En effet, les textes réglementaires définissent des délais clairs et instaurent même le principe des intérêts de retard. Toutefois, dans la pratique, ces mesures restent souvent inappliquées. L’élu national souligne que la complexité des procédures et les carences dans la préparation des dossiers aggravent la situation sur le terrain.
Vers une numérisation du secteur ?
Face à ce constat, le parlementaire interpelle le ministre des Finances sur trois points cruciaux. Il demande de savoir quelles mesures concrètes le ministère compte-t-il prendre pour raccourcir ces délais ? Ensuite, il demande s’il envisage de fixer des délais plafonds obligatoires pour chaque étape du paiement, en précisant la responsabilité de chaque administration.
Enfin, la solution pourrait venir de la technologie. Le membre de l’APN suggère la mise en place d’un plan de numérisation. Un système de suivi numérique permettrait une gestion immédiate des dossiers entre les services contractants, les trésoreries de wilayas et la Trésorerie Centrale. Une telle réforme garantirait le respect des délais légaux et améliorerait l’efficacité des dépenses publiques.
La survie de nombreuses entreprises dépend aujourd’hui d’une réforme profonde du système de paiement public. La réponse du ministre des Finances est désormais attendue avec impatience par l’ensemble des acteurs économiques concernés par cette situation.
















