Des navires de pêche russes vont opérer dans les eaux atlantiques administrées du Maroc, mais aussi au large du Sahara occidental, dans le cadre d’un accord bilatéral de pêche signé en octobre 2025, rapporte le media espagnol El Confidencial.
Selon le média, Moscou doit attribuer « dès ce mois-ci » des quotas et des zones de pêche à sa flotte, en vue d’une entrée en application opérationnelle de l’accord à partir de février, pour une durée de quatre ans. Les navires concernés seront autorisés à capturer principalement des espèces pélagiques, notamment « les sardines, sardinelles, maquereaux, chinchards et anchois », dans le respect des périodes de repos biologique prévues.
El Confidencial précise que l’accord ne rend pas publiques les délimitations exactes des zones concernées, mais que « la presse marocaine et les autorités de Rabat considèrent que ces eaux incluent celles du Sahara occidental », territoire classé comme non autonome par les Nations unies. Le journal ajoute que ces zones se situent « face aux îles Canaries ».
Les contreparties financières prévues dans le cadre de cet accord n’ont pas été rendues publiques. « Les compensations économiques n’ont pas été communiquées », indique le quotidien espagnol. Toujours selon El Confidencial, cet accord intervient dans un contexte marqué par le retrait de la flotte de l’Union européenne de ces eaux après la non-reconduction de l’accord de pêche UE-Maroc en 2023, laissant vacant l’un des principaux « caladeros » de l’Atlantique oriental, un terme espagnol désignant des zones maritimes riches en ressources halieutiques et traditionnellement exploitées par les flottes de pêche.
Une Russie ambigue sur le Sahara Occidental
Cette coopération intervient alors que la Russie maintient une position officiellement neutre sur le Sahara occidental, qu’elle considère comme un territoire dont le statut doit être réglé dans le cadre du processus des Nations unies, sans reconnaissance formelle de souveraineté, tout en développant dans les faits une coopération économique sectorielle avec le Maroc.
Pour rappel, les Nations unies considèrent le Sahara occidental comme un territoire non autonome, et la Cour de justice de l’Union européenne a jugé que les accords portant sur ses ressources naturelles ne peuvent être conclus sans le consentement du peuple du territoire.
















