Les États-Unis supervisent actuellement les discussions sur le Sahara occidental, réunissant Maroc, Polisario et l’Algérie à Washington. Au centre des échanges figure le plan d’autonomie marocain, confronté aux exigences sahraouies et aux positions algériennes, qui pourrait définir le cadre institutionnel de l’autonomie dans les mois à venir.
Une nouvelle phase de négociations
Une nouvelle phase de négociations s’ouvre autour du Sahara occidental, sous l’impulsion des États-Unis. Les 23 et 24 février, Washington accueillera une session, la troisième en moins d’un mois, après un premier contact tenu à Madrid il y a deux semaines. Les ministres des Affaires étrangères du Maroc, de l’Algérie et de la Mauritanie, ainsi que la direction du Front Polisario, ont été conviés à ces discussions qui se tiendront à huis clos.
Si l’ONU reste formellement le cadre de référence du processus, la dynamique actuelle est largement animée par Washington. L’administration de Donald Trump souhaite accélérer les échanges et aboutir à des avancées d’ici l’été 2026. Le conseiller chargé du dossier, Massad Boulos, a exprimé ce calendrier, qui intervient dans un contexte politique américain marqué par les élections de mi-mandat prévues en novembre.
Le plan marocain et les points de divergence
Au cœur des discussions se trouve un document marocain plus détaillé que les versions précédentes du plan d’autonomie. Il prévoit la création d’institutions locales avec un exécutif et un parlement dotés de compétences élargies dans les domaines économique, social et culturel, tout en maintenant les prérogatives régaliennes sous souveraineté marocaine. L’objectif est de transformer une proposition de principe en un cadre institutionnel concret, susceptible de servir de base à un accord.
Plusieurs points restent toutefois sources de désaccord. L’investiture du chef de l’exécutif par le Roi limite, selon le Polisario, la portée réelle de l’autonomie envisagée. Le mode d’élection du futur parlement autonome fait également débat. Le Front Polisario défend un suffrage universel direct intégral et exige que les citoyens marocains installés au Sahara occidental après 1975 soient exclus du vote pendant dix ans, pour préserver la représentativité des populations sahraouies d’origine.
La question du retour des réfugiés à partir de la région de Tindouf est également sensible. Le Maroc propose une vérification préalable des origines sahraouies, tandis que le Polisario prône un retour fondé sur l’identification des réfugiés sans conditions restrictives excessives.
La capacité de la future entité autonome à signer des accords internationaux fait aussi l’objet de discussions. Rabat défend un contrôle strict, et le Polisario estime qu’une marge d’action extérieure est essentielle à l’autonomie.
Spéculations et contexte régional
L’Algérie, qui maintient ne pas être partie au conflit mais concernée par sa résolution, tient un discours mesuré, rappelant son attachement au principe d’autodétermination et à la légalité internationale.
Dans certains cercles diplomatiques, des hypothèses plus larges circulent sur l’environnement régional d’un éventuel compromis. On évoque, sans confirmation officielle, des considérations économiques et logistiques liées aux projets algériens d’exploitation du gisement de fer de Gara Djebilet et à ses débouchés vers l’Atlantique. Il est également question de possibles aménagements facilitant l’accès aux infrastructures portuaires régionales.
Aucun détail concret n’a toutefois été rendu public à ce stade. L’idée paraît peu plausible, l’Algérie ayant fait un choix souverainiste -en acceptant le coût- pour exploiter les gisements via le chemin de fer.
La phase actuelle montre une intensification des consultations et un rôle plus visible des États-Unis dans le processus.
















