La réunion tenue dimanche à l’ambassade des États-Unis à Madrid sur l’avenir du Sahara occidental s’est achevée sans progrès concrets, conduisant Washington à décider la poursuite des négociations jusqu’à lundi entre le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie, la Mauritanie, indique El Confidencial.
Ignacio Cembrero, le premier à avoir révélé la tenue de ces discussions, a indiqué dans un post sur X que « La négociation secrète de Madrid sur l’avenir du #SaharaOccidental n’avance guère: les États-Unis redoublent de pression et prolongent la réunion ce lundi ».
Dans l’après midi, la mission des États-Unis à l’ONU a indiqué sur X que “des délégations de haut niveau des États-Unis et des Nations Unies ont facilité des discussions à Madrid, en Espagne, avec le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie concernant la mise en œuvre de la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le Sahara occidental.”Aucun détail n’a été donné sur le contenu des discussions, ni sur les prochaines étapes?
Organisée dans la plus grande discrétion, la rencontre s’est déroulée à la résidence de l’ambassadeur américain. Elle a réuni les chefs de la diplomatie des trois pays et le représentant du Polisario ainsi que Staffan de Mistura, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental. Aucun communiqué, aucune déclaration ni photographie officielle n’ont été diffusés. Les Américains ont imposé un black-out total sur les informations qui semble respecté par les différentes parties.
D’après El Confidencial, la décision de prolonger la réunion a été prise par Massad Boulos, représentant du président Donald Trump pour l’Afrique, qui a également donné des consignes strictes afin qu’aucune information ne filtre vers la presse. Initialement prévues pour s’achever dimanche, les discussions ont été reconduites face à l’absence de résultats tangibles.
Selon Ignacio Cembrero, l’auteur de l’article, l’objectif de la diplomatie américaine est de faire signer d’ici trois mois, à Washington, un accord-cadre entre le Maroc, le Front Polisario et l’Algérie, afin de relancer un processus de règlement d’un conflit qui dure depuis près d’un demi-siècle. Les États-Unis, indique-t-il, cherchent une “formule acceptable” pour Rabat, leur principal allié au Maghreb, “sans marginaliser” l’Algérie, acteur central sur les plans régional et énergétique.
Un comité “technique” permanent en discussion
Selon les rares éléments ayant filtré des pourparlers, les échanges ont surtout porté sur la création d’un comité technique permanent réunissant le Maroc, l’Algérie, la Mauritanie et le Polisario, appuyé par des juristes et des experts, et placé sous la supervision conjointe des États-Unis et des Nations unies. Ce comité serait chargé de préparer les bases techniques d’un futur accord politique.
Toujours selon El Confidencial, Rabat veut que les travaux reposent principalement sur sa nouvelle version du plan d’autonomie pour le Sahara occidental, récemment élargie, tandis qu’Alger, qui accueille des réfugiés sahraouis, n’a pas donné suite aux pressions visant à lui faire abandonner la référence à une véritable autodétermination du peuple sahraoui.
Les divergences sont restées visibles à Madrid, note le média. Aucune photo de groupe n’a pu être prise, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, ayant, selon des sources citées par le journal, décliné l’exercice. Des responsables sahraouis ont également exprimé leurs réserves face à une démarche perçue comme destinée à servir l’agenda diplomatique américain.
















