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Saïd Sayoud, au cœur des tensions dans le secteur des transports

Par Lyas Amara 3 janvier 2026

Le mouvement de protestation dans le secteur des transports s’est distingué par l’absence inhabituelle du ministre de l’Intérieur, alors que ce dernier, depuis qu’il cumule les portefeuilles de l’Intérieur et des Transports, préside régulièrement des réunions qui ne relèvent pourtant pas de son secteur de compétence.

Cette fois-ci, Saïd Sayoud a chargé le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports de rencontrer les représentants des transporteurs et d’examiner leurs doléances. Cette démarche intervient quelques semaines seulement après que Sayoud a répondu au premier mouvement de protestation dans son secteur par des mesures de répression, allant jusqu’au renvoi et à des poursuites judiciaires ayant conduit à l’emprisonnement. La première victime fut le secrétaire général du Syndicat des travailleurs des chemins de fer, affilié à l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Lounès Saïdi s’est retrouvé exclu du syndicat et placé en détention provisoire, tandis que son organisation syndicale s’est désolidarisée de lui en élisant rapidement un nouveau secrétaire général. Lounès Saïdi a toutefois été acquitté lors de son procès devant le Conseil judiciaire. Mais le ministre de l’Intérieur et des Transports n’a pas hésité à imposer le même sort à son successeur à la tête du syndicat des cheminots, ainsi qu’à neuf autres syndicalistes, en raison d’une grève, selon les révélations de la secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune. Cette dernière a également dénoncé le refus d’intégrer pas moins de 180 travailleurs dans différentes entreprises portuaires à travers le pays, critiquant l’absence de canaux de dialogue dans le secteur des transports.

Saïd Sayoud, une ascension controversée dans l’appareil de l’État

Jamais auparavant ce secteur n’avait occupé une place aussi centrale dans l’actualité nationale, comme c’est le cas depuis la nomination de l’ancien wali d’Oran à sa tête. Alors que l’opinion publique nationale réclamait des comptes aux responsables de la dégradation des services de transport dans le pays, à la suite de l’accident du bus survenu à Oued El Harrach, dans la capitale, le président Abdelmadjid Tebboune a décidé de renouveler sa confiance à Saïd Sayoud, en lui confiant un portefeuille supplémentaire et en cumulant ainsi, fait inédit dans l’histoire des institutions algériennes, les ministères de l’Intérieur et des Transports. Le président Tebboune a chargé Saïd Sayoud d’élaborer un nouveau projet de loi sur la circulation routière afin de faire face au fléau des accidents de la route. Il a salué le projet présenté par le Premier ministre dans ce cadre lors du Conseil des ministres tenu le 2 novembre dernier. Dans le communiqué du Conseil des ministres publié à l’issue de cette réunion, il est indiqué que le président Abdelmadjid Tebboune « a salué le contenu du projet de loi actuel, qui prévoit des mesures renforcées et strictes, à même de réduire les accidents de la route, en prenant en compte l’ensemble des éléments de la chaîne régissant la circulation, notamment les auto-écoles, les conducteurs, les véhicules sous toutes leurs formes et les dispositifs de contrôle… ». Le projet de loi sur la circulation, adopté par l’Assemblée populaire nationale et en attente d’examen par le Conseil de la nation, prévoit dans ses dispositions finales que « le jour de la promulgation de cette loi soit consacré Journée nationale de la sécurité routière ».

Controversé, mais bénéficiant de la confiance du président

La tendance autoritaire de l’actuel ministre de l’Intérieur s’était déjà révélée aux yeux de l’opinion publique lorsqu’il était wali d’Oran. Son nom avait alors été associé à une série de décisions et de déclarations qui avaient suscité la colère des Oranais et, plus largement, des Algériens. Parmi ces décisions figure la construction d’un mur de deux mètres de haut sur le littoral d’Aïn El Turck, présentée comme une mesure visant à lutter contre le phénomène de la harga (émigration clandestine). Face aux critiques, Saïd Sayoud avait justifié cette mesure en la qualifiant de « simple disposition provisoire, dans l’attente de l’installation de caméras de surveillance ». Or, le projet d’installation de ces caméras a pris du retard, tandis que le mur d’Aïn El Turck est toujours en place, sans avoir mis fin au phénomène de la harga. Saïd Sayoud avait également fait l’objet d’une vague de critiques sur les réseaux sociaux après avoir ordonné à un jeune vendeur ambulant de restauration rapide de quitter son emplacement dans les rues d’Oran en lui lançant : « Ramasse tes affaires et va-t’en ». Une formule jugée humiliante par de nombreux Algériens, ce qui l’avait contraint à recevoir le jeune homme dans son bureau et à lui promettre une prise en charge de sa situation.

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