La visite est présentée comme une mission à caractère économique, et ce n’est sans doute qu’une partie de l’agenda, selon certains observateurs, qui voient dans ce déplacement une tentative de maintenir le dialogue entre Alger et paris par des canaux non institutionnels.
Invitée par la Chambre de commerce et d’industrie algéro- française (CCIAF), la présidente de l’Association France-Algérie entame ce lundi une visite de travail en Algérie, un peu plus d’un mois après son élection à la tête de l’AFA.
Ce déplacement intervient dans un contexte de relations officielles marquées par une faible dynamique politique, mais où les échanges économiques et les initiatives issues de la société civile demeurent actifs. Si la CCIAF met en avant la continuité du dialogue économique, la présence de Mme Royal s’inscrit également dans une logique de médiation civile, visant à maintenir des espaces de discussion alors que les canaux diplomatiques institutionnels restent grippés.
Entre business et histoire, un agenda chargé
Prudente sur la forme, l’ancienne ministre n’en a pas moins affiché ces derniers jours des positions tranchées sur le fond. Lors de sa première sortie publique à l’IRIS, le 17 janvier, elle avait appelé la France à reconnaître explicitement les crimes de la colonisation, plaidant pour la restitution des biens culturels, des dépouilles de résistants algériens, et pour la transmission intégrale des archives relatives aux essais nucléaires français dans le Sahara.
Selon les orientations affichées par l’AFA, plusieurs dossiers à forte charge symbolique devraient être abordés durant ce séjour, entre autres, la coopération mémorielle, le suivi du dossier du canon Baba Merzoug, ou encore les conséquences environnementales des essais nucléaires.
Pour la CCIAF, cette invitation s’inscrit dans une stratégie de préservation des échanges économiques, en misant sur des figures politiques capables d’articuler intérêts économiques et attentes algériennes sur le terrain de la mémoire.
















