Ségolène Royal, présidente de l’association France-Algérie, appelle à mettre fin aux « positions politiques étroites et aux provocations ». Elle cible également les « discours de ceux qui s’opposent au progrès de l’Algérie et ne reconnaissent pas sa souveraineté nationale, son rôle diplomatique mondial, son non-alignement et sa liberté totale dans le choix de ses alliances ».
Il est facile de deviner à qui s’adresse cette sortie en quitant le bureau du president Abdelmadjid Tebboune . Mais que cache-t-elle derrière les concepts de « souveraineté nationale », de « non-alignement », d' »alliances » et de « rôle diplomatique mondial » ? Ségolène Royal ira-t-elle jusqu’à proposer à la France de renoncer à son soutien au Maroc dans le dossier du Sahara occidental ? Elle ne s’avance pas aussi loin. Elle dit plutôt être venue pour « écouter et aborder deux domaines fondamentaux : la création économique et la culture ».
Sur la question mémorielle : une approche émotive et concrète
Sur la question mémorielle, elle est plus à l’aise et développe son approche avec émotion et profondeur. « La mémoire n’est ni un privilège ni une culpabilité héritée, mais une réalité de blessures et de traumatismes qui doivent être nommés, soignés et faire l’objet d’excuses sans contrepartie », déclare-t-elle.
Elle préconise plusieurs mesures concrètes que la France devrait prendre : La restitution des biens culturels et des archives, en priorité ceux de l’Émir Abdelkader et d’autres figures algériennes. elle appelle egalement au retour des restes des martyrs conservés au Musée de l’Homme, « pour qu’ils soient enterrés dignement », ainsi que La restitution du canon d’Alger actuellement à Brest.
En sa qualité d’ancienne ministre de l’energie, l’invitée du président Abdelmadjid Tebboune souligne La necessité de transmission des archives concernant les expériences nucléaires dans le Sahara, « afin d’évaluer et de réparer les dommages ».
Honneur de l’entretien avec Tebboune et potentiel économique
Ségolène Royal se dit très honorée par l’entretien accordé par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Cette rencontre prouve, selon elle, « la volonté de dialogue du président lorsque le respect et la considération sont mutuels ». Là aussi, la cible de la candidate à l’élection présidentielle de 2007 est claire : les échanges entre Tebboune et son homologue Macron sont rompus depuis des mois.
Elle décrit l’histoire entre la France et l’Algérie comme une « histoire blessée », marquée par la domination et une violence inacceptable. Mais elle souligne qu’elle est aussi faite de luttes, de résistances, de trajectoires familiales entremêlées et de projets communs souvent marginalisés, qu’il faut désormais valoriser.
Elle cite l’Émir Abdelkader : « L’homme est grand par sa science et noble par son travail ». Il est noble, ajoute-t-elle, de rendre au peuple algérien ce qui lui appartient. Elle prévoit d’inciter le président Macron à agir dans cette direction. Sur le plan culturel, elle mentionne sa visite prévue au Bastion 23 et au musée Ali La Pointe, soulignant que le rapprochement culturel est le plus beau des liens.
















