En visite de travail à Sétif, le ministre de l’Agriculture a été vivement interpellé par des professionnels de la filière aviculture. Ces derniers réclament une intervention immédiate de l’État pour réguler les prix des aliments de bétail, jugés prohibitifs chez les fournisseurs privés.
C’est une scène qui illustre l’ampleur du malaise chez les petits producteurs. Alors qu’il assistait à un événement dédié à l’aviculture dans la wilaya de Sétif, le ministre a été surpris par l’intervention poignante d’un éleveur. Ce témoignage courageux a mis en lumière la menace de faillite qui pèse sur des milliers de professionnels à travers le pays.
Le constat dressé sur place est sans appel : les éleveurs vendent à perte. Actuellement, le prix du poulet vivant en gros fluctue entre 220 et 230 dinars le kilogramme. Or, ce tarif est largement inférieur aux coûts engagés pour l’élevage.
Selon l’intervenant, cette situation est intenable sur le long terme. Les aviculteurs ne parviennent plus à équilibrer leurs bilans financiers, ce qui fragilise directement la stabilité de la production nationale de viande blanche.
L’aliment de bétail au cœur de la polémique
Le principal responsable de cette crise structurelle est le coût de l’aliment. L’éleveur a exposé une disparité de prix choquante entre les secteurs public et privé. Tandis que l’Office National des Aliments de Bétail (ONAB) propose le quintal à 6 500 dinars, les fournisseurs privés le facturent entre 8 500 et 9 000 dinars.
Pourtant, l’État approvisionne toutes les unités de transformation, qu’elles soient publiques ou privées, en matières premières au même prix subventionné. En conséquence, les professionnels demandent au ministre d’aligner les prix du privé sur ceux de l’ONAB. Il est jugé inadmissible que des opérateurs réalisent des marges excessives sur des intrants essentiels alors que la filière agonise.
Un appel à une enquête ministérielle urgente
Face à cette situation, les représentants de l’aviculture exigent l’ouverture d’une enquête approfondie sur ces hausses de prix. Ils demandent au ministre de faire pression sur les producteurs d’aliments pour qu’ils revoient leurs tarifs à la baisse de manière immédiate.
L’objectif est clair : sauver les éleveurs de la banqueroute. Une intervention de la tutelle est désormais indispensable pour garantir la survie des exploitations et maintenir des prix abordables pour le consommateur algérien. Le ministre, après avoir écouté cette détresse profonde, se retrouve face à l’urgence de stabiliser un secteur stratégique pour la sécurité alimentaire du pays.
















