Des chefs d’État et les grands noms de la technologie mondiale se sont retrouvés jeudi à New Delhi pour le sommet AI Impact, événement annuel consacré à la gouvernance de l’intelligence artificielle. Après les divisions affichées lors du sommet de Paris l’année dernière, l’objectif reste le même : bâtir un cadre international commun pour encadrer cette technologie. Tour d’horizon des prises de position.
Le Premier ministre indien a réaffirmé son ambition de faire de son pays un pivot mondial de l’IA, décrivant cette technologie comme une ressource partagée au bénéfice de toute l’humanité. Il a appelé à construire un avenir numérique ancré dans les valeurs humaines, où humains et systèmes intelligents collaborent plutôt que s’opposent.
Le président français, Emmanuel Macron, a fait de la protection des enfants face aux dérives numériques l’un de ses chevaux de bataille lors de cette rencontre, en réponse notamment aux usages du chatbot Grok d’Elon Musk pour générer des deepfakes sexuels. Le président français a également défendu le modèle européen, souvent accusé de sur-réglementer au détriment de l’innovation.
Selon lui, l’Europe reste un espace d’innovation et d’investissement, mais un espace sûr — et les espaces sûrs finissent par l’emporter. Il a par ailleurs mis en garde contre la concentration du pouvoir technologique dans quelques grandes entreprises, appelant avec Narendra Modi à une vision d’« IA souveraine ».
Bill Gates se retire au dernier moment
La participation de Bill Gates, annoncée comme l’un des temps forts du sommet, a finalement été annulée quelques heures avant son intervention. La Fondation Gates a évoqué une décision mûrement réfléchie, sans autre explication. Le retrait intervient dans un contexte délicat pour le cofondateur de Microsoft, depuis la publication en janvier de documents du ministère américain de la Justice révélant l’étendue de ses liens avec Jeffrey Epstein.
Altman (OpenAI) : urgence de réguler, mais sans centraliser
Sam Altman a plaidé pour une démocratisation de l’IA, avertissant que concentrer cette technologie entre les mains d’une seule entreprise ou d’un seul pays constituerait un danger majeur. Il a appelé à des régulations et des garde-fous, jugeant leur mise en place urgente, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres technologies puissantes par le passé.
Amodei (Anthropic) : des machines bientôt supérieures aux humains
Le PDG d’Anthropic a dressé un tableau saisissant de la trajectoire actuelle de l’IA, avertissant que des systèmes surpassant les capacités humaines dans la plupart des domaines pourraient voir le jour dans un avenir proche. Il a évoqué à la fois les immenses opportunités — guérir des maladies, réduire la pauvreté — et les risques sérieux, notamment les usages malveillants et les bouleversements du marché du travail. Il a souligné le rôle central que l’Inde a à jouer dans ce défi global.
















