Sonatrach vient de lancer un appel d’offres international restreint pour la construction complète d’une unité de production d’UFC85, le concentré d’urée-formaldéhyde à 85 %, au sein de son complexe pétrochimique d’Arzew, dans l’ouest du pays.
L’unité projetée affiche une capacité de 40 000 tonnes par an. Sa production alimentera en priorité les industries nationales des résines synthétiques et des panneaux de bois aggloméré, deux filières en croissance qui dépendent aujourd’hui d’approvisionnements extérieurs coûteux. Pour Sonatrach, la logique est celle d’une intégration verticale poussée, visant à capter davantage de valeur ajoutée à partir des ressources gazières du pays.
Les études d’ingénierie préalables ont été confiées dès 2024 à une coentreprise associant le cabinet ExidaSP Consultant et le contractant chinois China HuanQiu Contracting and Engineering, filiale du géant CNPC, pour un montant de 2,49 millions de dollars. Les travaux techniques ont démarré en août 2024. L’appel d’offres lancé ces dernières semaines ouvre désormais la voie à la phase de construction, dont le coût total n’a pas été communiqué mais que les observateurs du secteur évaluent à plusieurs centaines de millions de dollars.
Un cahier des charges taillé pour les grands contractants
Sonatrach n’entend pas laisser la porte ouverte au premier venu. Les critères d’éligibilité sont stricts : plus de quinze ans d’expérience dans des projets pétrochimiques similaires, un capital social minimum de 7 millions de dollars, un chiffre d’affaires moyen supérieur à 100 millions de dollars sur trois ans, et la preuve d’au moins deux chantiers de même nature menés à bien. Ce filtre sévère oriente naturellement la compétition vers les grandes firmes d’ingénierie asiatiques et les majors européennes présentes de longue date en Algérie.
Ce projet s’inscrit dans une accélération perceptible sur le site d’Arzew, qui concentre aujourd’hui l’essentiel des investissements pétrochimiques du pays. Ces derniers mois ont vu se succéder plusieurs appels d’offres majeurs sur ce complexe de l’ouest algérien, du renouvellement de compresseurs aux nouvelles capacités de stockage, en passant par l’extension de la raffinerie confiée à Sinopec pour accroître substantiellement la production d’essence. Les joint-ventures sino-algériennes y occupent une place croissante, reflet d’une coopération industrielle qui s’est considérablement approfondie entre Alger et Pékin.
















