La filiale italienne du groupe national mise sur la continuité à la tête de sa raffinerie sicilienne, huit ans après une acquisition controversée.
Continuité au sommet pour Sonatrach Raffineria Italiana. L’assemblée des actionnaires de la filiale italienne du groupe pétrolier algérien a reconduit, le 11 février, Miloud Amara à la présidence du conseil d’administration et Rosario Pistorio au poste d’administrateur délégué. Un choix qui traduit la volonté d’Alger de stabiliser la gestion de cet actif stratégique en Méditerranée.
Le renouvellement intervient alors que quatre nouveaux administrateurs font leur entrée au conseil. Il s’agit de Salima Abdoun, Smail Ould Ali, Abdelghani Hamouche et Nacima Haddache remplacent Samir Madani, Lyazid Gougam et Madjid Delmi. Une recomposition qui témoigne d’un rajeunissement partiel de l’instance dirigeante, avec notamment l’arrivée de deux femmes parmi les six membres.
Les cicatrices d’une acquisition tumultueuse
Huit ans après le rachat de la raffinerie d’Augusta à ExxonMobil pour près d’un milliard de dollars, Sonatrach semble avoir tourné la page d’un dossier qui avait défrayé la chronique en Algérie. L’opération, conclue en 2018, s’était soldée par la condamnation de l’ancien PDG du groupe, Abdelmoumen Ould Kaddour, à dix ans de prison ferme pour « dilapidation de fonds publics » et « abus de fonction ». La justice algérienne lui reprochait d’avoir payé un prix excessif et contourné l’aval du conseil d’administration.
Pourtant, les chiffres semblent donner raison à cette stratégie d’internationalisation. Avec un chiffre d’affaires de 7,2 milliards d’euros en 2022, la raffinerie sicilienne affiche des performances qui contrastent avec les turbulences initiales. Leader européen dans la production de bases lubrificantes et de bitumes, SRI emploie plus de 300 personnes et couvre 10 % de la demande italienne en carburants.
Un pied en Europe pour le géant algérien
La raffinerie d’Augusta permet au groupe algérien de valoriser directement ses hydrocarbures sur le marché européen, sans passer par les circuits d’exportation traditionnels. Une intégration verticale qui prend tout son sens dans un contexte où l’Europe cherche à diversifier ses approvisionnements énergétiques.
La filiale italienne a, par ailleurs, commencer à adapter progressivement son offre aux contraintes environnementales européennes. En janvier, SRI a lancé la production d’essence E5 incorporant de l’éthanol local, une première pour le groupe algérien. Un signal envoyé aux autorités italiennes et européennes sur la capacité de Sonatrach à se conformer aux normes de décarbonation.
Miloud Amara, le président reconduit, n’est pas un inconnu de la maison. Cet ingénieur a piloté au sein de Sonatrach le vaste plan d’investissement de 11 milliards de dollars consacré au raffinage et à la pétrochimie entre 2022 et 2026. Sa nomination confirme la volonté du groupe de renforcer les synergies entre ses activités algériennes et sa vitrine européenne.
















