Souveraineté alimentaire et pouvoir d’achat : le pari risqué de l’État

L’Algérie s’engage dans une transformation profonde de sa politique agricole, avec l’ambition de réduire drastiquement sa dépendance aux importations de bétail. Cette décision présidentielle, présentée comme un acte de souveraineté économique, cache néanmoins un risque majeur : une potentielle inflation incontrôlée sur le marché de la viande.

Lors de la célébration du 50e anniversaire de l’Union nationale des paysans algériens, le président Abdelmadjid Tebboune a clairement exprimé sa vision. Fini le temps des importations systématiques. “Il faut que l’on soit franc”, a-t-il déclaré, balayant d’un revers de main des années de dépendance alimentaire. Son diagnostic est sans appel : importer des bêtes pour les sacrifier n’est pas une solution durable.

La stratégie gouvernementale pour 2025 s’articule autour de trois axes principaux. L’expansion des terres irriguées jusqu’à 3 millions d’hectares, la réorientation des minoteries vers l’alimentation du bétail, et le développement de la production locale de maïs et d’orge. Un programme ambitieux qui cache mal les défis économiques sous-jacents.

Car la réalité du marché actuel est sans pitié. Un kilogramme de viande bovine locale culmine déjà à 2000 dinars. Le pays importe en moyenne 103.889 têtes de bétail chaque année. Les intermédiaires, selon la Fédération nationale des éleveurs, “font la loi” sur un marché devenu aussi volatil qu’une bourse de valeurs.

Une production de 50.000 têtes de mouton pour stabiliser les prix

Le ministère de l’Agriculture tente de rassurer. Une convention-cadre a été signée entre différents acteurs pour réguler le marché. La production de 50.000 têtes de mouton est programmée pour stabiliser les prix. Mais ces mesures suffiront-elles à endiguer la marée inflationniste ?

C’est tout l’enjeu de cette transformation. Réduire la dépendance aux importations est un objectif noble. Mais à court terme, les consommateurs risquent de payer le prix fort de cette transition. Les coûts de production plus élevés, l’investissement dans les infrastructures agricoles, la réorganisation de la filière bovine : autant de facteurs qui pourraient mécaniquement faire grimper les prix.

Le gouvernement le sait. C’est pourquoi il maintient temporairement les avantages douaniers et fiscaux sur l’importation de viandes pour 2025. Une béquille économique qui permet d’amortir le choc de la transition. Mais jusqu’à quand ?

Le président Tebboune a beau jeu de marteler sa volonté de trouver des solutions durables. La réalité économique sera sans doute plus complexe. Changer un modèle agricole profondément ancré ne se fait pas en un claquement de doigts. Et les consommateurs algériens, déjà confrontés à une inflation galopante, risquent de payer les frais de cette transformation.

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