Le placement en détention provisoire de Tahar Ouahachi, figure respectée du monde académique, provoque une onde de choc. Alors que la défense pointe un dossier « vide », le RCD dénonce « une dérive visant à museler la recherche et la liberté d’expression ».
Tahar Ouahachi, maître de conférences en histoire à l’université de Blida, a été placé sous mandat de dépôt par le juge d’instruction près le tribunal d’El Affroun. Selon les informations communiquées par son avocat, Me Hakim Saheb, sur son compte Facebook, l’enseignant-chercheur est visé par deux chefs d’inculpation : « apologie d’actes terroristes par l’utilisation des réseaux sociaux » et « diffusion de fausses informations susceptibles de porter atteinte à l’intérêt national ». Ces poursuites s’inscrivent, selon la même source, dans le cadre de la législation sur la cybercriminalité.
Cependant, la défense conteste la solidité de ces accusations. Le RCD, relayant la position des avocats, souligne que son « dossier est vide » et que les faits reprochés sont « d’une banalité telle qu’ils frisent l’aberration » au regard de la gravité de la détention.
Une « banalisation de l’incarcération » dénoncée par le RCD
Le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) s’inquiète de « la facilité avec laquelle la privation de liberté est devenue une réponse quasi automatique à des faits relevant de l’expression ». Dans un communiqué publié aujourd’hui, le parti avertit que cette « banalisation de l’incarcération pour des propos ou des publications fragilise les libertés publiques et installe un climat de crainte ».
Le RCD rappelle qu’une université forte nécessite un « climat de confiance, de débat et de liberté », ce qui semble incompatible avec la répression d’un chercheur connu pour sa « rigueur scientifique ».
Appel à la fin « bâillonnement des voix libres »
Exprimant sa « pleine solidarité » avec l’universitaire, le RCD exhorte les autorités à mettre fin au « bâillonnement des voix libres » qui exercent leur droit à l’expression et à la recherche.
Enfin, le parti dirigé par Atmane Mazouz, réitère sa demande d’« abrogation de l’article 87 bis du code pénal », ainsi que de toutes les dispositions jugées « liberticides ».
















