Tebboune et l’IATF, entre triomphe diplomatique et crainte d’un échec économique

Tebboune et l’IATF, entre triomphe diplomatique et crainte d’un échec économique

L’Algérie vient de marquer un grand coup avec l’organisation de la 4ᵉ Foire commerciale intra-africaine (IATF). Abdelmadjid Tebboune n’a pas manqué d’exprimer sa fierté devant ce succès, saluant une vitrine qui a offert à l’Algérie l’occasion de montrer un nouveau visage économique au continent. Mais derrière l’enthousiasme du chef de l’État transparaît une inquiétude sourde : celle de voir les contrats signés tomber à l’eau, faute d’un engagement réel des opérateurs économiques.

L’IATF, vitrine d’une Algérie conquérante

Dans son discours ce jeudi au Centre international des conférences Abdellatif Rahal, Tebboune a rappelé combien cette foire avait été « exceptionnelle » par rapport aux précédentes éditions. Plus de 48 milliards de dollars de contrats ont été conclus, dont 11,4 milliards en faveur de l’Algérie, avec encore 11,6 milliards en négociation.

Pour le président, ces chiffres marquent un tournant : l’Algérie est désormais regardée par ses partenaires africains comme un acteur crédible, capable de rivaliser dans les secteurs de l’agroalimentaire, de la pharmacie, de l’électroménager et même de l’énergie solaire.

Il a insisté sur la qualité des produits algériens, désormais « reconnus sur le continent », ainsi que sur la montée en puissance des start-up, devenues symboles de la vitalité économique du pays. Selon lui, l’Algérie a su s’affranchir de la lourdeur bureaucratique pour s’appuyer sur une nouvelle génération d’entrepreneurs.

Mais cet optimisme affiché cache une réalité plus fragile. Le président, tout en célébrant le succès de l’IATF, n’a cessé de marteler un message : les engagements doivent être respectés.

Quand l’enthousiasme rencontre la méfiance

Ce n’est pas un hasard si Tebboune a convoqué les principaux opérateurs économiques et représentants du patronat dès la clôture de la foire. « Nous ne serons pas indulgents avec ceux qui ne respecteront pas leurs contrats », a-t-il averti. Le chef de l’État a même cité l’exemple précis d’un contrat signé avec le Nigeria pour la livraison de deux millions de terminaux de paiement électronique, appelant l’entreprise algérienne concernée à tenir parole, quitte à ouvrir de nouvelles lignes de production.

Derrière cette fermeté se lit une crainte évidente : le risque de décrédibiliser l’Algérie auprès de ses partenaires africains si les promesses ne sont pas tenues. À quoi servirait d’afficher 48 milliards de dollars de contrats si, demain, une partie d’entre eux venait à échouer ?

Son insistance répétée peut s’interpréter comme une inquiétude : l’économie algérienne, encore fragile et dépendante des hydrocarbures, peut-elle vraiment absorber un tel défi ?

Un pari risqué pour l’avenir

Au-delà des chiffres, le président de la République a fixé des objectifs ambitieux : faire passer la part de l’industrie dans le PIB de 3 % à 13 % en quelques années, créer plus de 400 000 emplois à travers 17 000 projets enregistrés auprès de l’Agence de promotion des investissements, et atteindre un PIB de 400 milliards de dollars d’ici 2027.

Ces annonces, bien que porteuses d’espoir, interrogent. Le pays dispose-t-il réellement de la logistique, du financement et des infrastructures pour soutenir une telle dynamique ? Ou bien ces objectifs risquent-ils de rester de simples slogans ?

La référence insistante de Tebboune à la discipline, à la rigueur et au respect des engagements ressemble à une mise en garde, presque à un aveu : la réussite de l’IATF ne sera durable que si les promesses se traduisent en actes concrets.

Entre fierté et vigilance

L’enthousiasme présidentiel s’accompagne donc d’une vigilance accrue. Derrière les projecteurs de la foire, le pouvoir sait que la bataille de la crédibilité économique commence à peine. Le ton ferme de Tebboune traduit moins une confiance absolue qu’une crainte persistante : celle de voir l’Algérie, après avoir brillé une semaine durant à l’IATF, perdre tout l’acquis faute de concrétisation.

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