Le secteur sidérurgique algérien dispose d’un potentiel immense pour dynamiser l’économie nationale, mais reste freiné par les barrières commerciales. Lors d’une rencontre à Davos, le milliardaire turc Fuat Tosyali, PDG de Tosyali Holding, a lancé un appel clair à l’Union européenne : « La véritable décision que l’UE devrait prendre est de lever les quotas pour les pays producteurs en amont, comme la Turquie et l’Algérie ». Un message qui souligne le rôle stratégique de l’acier algérien.
Tosyali : l’accès au marché européen en question
Alp Topcuoglu, vice-président de Tosyali Algérie, a mis en lumière la difficulté à exporter : « Ils nous donnent des quotas de trois mois que nous terminons dans la première semaine, alors que tous les pays de l’Union européenne souhaitent s’approvisionner à partir d’Oran ». Pour lui, ces restrictions limitent l’accès d’un acier de qualité à un marché stratégique.
Le président Tebboune a réagi : « On leur donne la préférence par rapport à d’autres pays, surtout que notre acier est d’excellente qualité. Ça, on va le voir avec l’Union européenne ».
Ces déclarations confirment l’importance d’une ouverture du marché européen pour stimuler les exportations algériennes, renforcer la filière locale et sécuriser les emplois industriels.
Promesses présidentielles : un soutien consolidé
Lors de la Foire internationale d’Alger (FIA) 2025, le président avait déjà annoncé son soutien : « On va travailler avec vous afin d’augmenter les exportations ». Alp Topcuoglu confirme : « Avec l’appui de l’État, les exportations du complexe dépasseront les 3 milliards de dollars ». Ces engagements placent l’acier algérien au cœur de la stratégie économique du pays, en phase avec une Europe en transition vers une sidérurgie plus durable.
Chiffres et capacités : Tosyali parmi les leaders mondiaux
Sur le plan opérationnel, Tosyali Holding est un acteur majeur. « Nous avons battu des records de production et d’exportations en 2025, malgré les restrictions mondiales », déclare Fuat Tosyali. Le groupe figure parmi les 50 premiers producteurs mondiaux et vise un classement entre la 20e et la 30e place grâce à ses investissements.
À Oran, l’usine de Bethioua sera bientôt alimentée par le projet Gara Djebilet, garantissant une production régulière et de qualité dès avril. Tosyali met en lumière le déséquilibre mondial : « La Chine représente environ la moitié de la production mondiale d’acier brut. Cette surcapacité, combinée à des subventions et à des politiques carbone restrictives, pèse sur l’industrie ». La surcapacité mondiale actuelle est de 680 millions de tonnes et pourrait dépasser 720 millions d’ici 2027. Dans ce contexte, l’accès au marché européen est vital pour l’industrie algérienne.
Une opportunité stratégique pour l’Algérie
Lever les quotas européens ne profiterait pas seulement aux exportations, mais renforcerait l’ensemble de la filière sidérurgique algérienne. Cela créerait des emplois, valoriserait des ressources stratégiques comme Gara Djebilet et renforcerait la position de l’Algérie sur le marché mondial. L’acier algérien, reconnu pour sa qualité, pourrait devenir un acteur majeur dans une Europe en quête d’acier durable.
















