Tourisme saharien : les opérateurs du Sud demandent la levée des obstacles sur les visas

Tourisme saharien : les opérateurs du Sud demandent la levée des obstacles sur les visas

L’organisation du Salon international du tourisme et du voyage (Sitev) en cette période de l’année, n’est pas anodine. Il y a une volonté affichée des autorités pour promouvoir le tourisme saharien, que ce soit au niveau national ou à l’international.

En effet, au passage au SITEV, qui ferme ses portes ce dimanche 2 octobre à la SAFEX, une forte présence des agences de voyage du sud du pays est remarquable. Une saison qui sera probablement positive et l’attente des estivants locaux est grande et c’est la première saison poste-covid-19. Mais pour les touristes internationaux, c’est toute une autre question.

Interrogé par Maghreb Emergent au stand de l’association des agences de voyage de Tamanrasset, Sami Maazouza, gérant de l’agence MZZ a indiqué que les agences ont « l’habitude de recevoir un certain nombre de touristes européens, dont des Allemands, italiens et français. Nous voulons augmenter leur nombre, mais le manque de vols directs de ces pays vers Tamanrasset et Illizi nous bloque ». « Les autorités nous exigent d’organiser des vols Charter, ce qui coûte cher et en dessus de nos capacités », ajoute Sami Maazouza.

Pour ce voyagiste, présent au SITEV, le contexte géopolitique international offre une nouvelle opportunité. C’est « attirer les opérateurs et touristes russes ». Pour lui, « il y a un rapprochement entre nos deux pays et on veut y profiter. D’ailleurs, le premier jour du salon, on a reçu des délégations russes et on a pu signer des conventions avec eux et en présence du ministre du tourisme ».

« En plus de l’opportunité politique à l’international, la compagnie aérienne Air Algérie opère deux vols par semaine entre Alger et Moscou, au lieu d’un seul vol. Ce qui est plutôt positif », souligne Maazouza.

Il est à noter, également, qu’en marge du salon, la question d’ouvrir des nouvelles lignes aériennes directes entre les grandes villes européennes et les villes du sud d’Algérie a été évoquée. Jusqu’à présent, les touristes ou les nationaux qui veulent rejoindre les wilayas d’Illizi ou Tamanrasset, sont obligés de faire une escale sur Alger.

Pas de touristes étrangers sans visa

Avant la Covid-19, le sud algérien attire entre 2 000 à 3 000 touristes étrangers chaque année. Malgré les capacités naturelles uniques au monde, ce nombre reste dérisoire, par rapport aux nombres de touristes qu’attirent les déserts des pays voisins. Une vraie aubaine pour les opérateurs des wilayas de l’extrême sud, qui voient chaque année le nombre de touristes diminuer.

Le président de l’association des agences de voyage de Tamanrasset et directeur de l’agence AKAR-AKAR, la plus ancienne agence de voyage en Algérie, Mohamed Zounga, a fustigé les hautes autorités du pays sur la fermeture de l’Algérie aux touristes étrangers. « On a une forte demande à l’international, les gens s’intéressent beaucoup au Sud algérien, mais quand ils affrontent les obstacles d’obtention des visas, ils reculent. Certains n’osent même discuter des réservations ».

« L’Algérie essaye aujourd’hui d’améliorer son image à l’international. Mais parmi les étapes essentielles, il faut que le pays s’ouvre encore plus. C’est à travers le tourisme que cela deviendra possible, mais la volonté, sans actes, ne suffira pas », ajoute Mohamed Zounga.

Il rappelle à l’occasion la déclaration du Premier ministre, Aïmene benabderrahamane, qui a promis aux opérateurs que l’Algérie va opter pour le visa électronique prochainement. Se montrant optimiste, le patron de AKAR-AKAR pense que « cette fois-ci, ça sera fait, parce qu’on est prêt et on est obligé ».

Mohamed Zounga estime que « le tourisme saharien est en crise depuis 12 ans ». Par contre, cette année, surtout après la fin de la Covid-19 et grâce au Hirak, on sent qu’il y a une volonté politique de la part des autorités pour développer le tourisme. Nous encourageons ça, surtout que la date choisie pour ce salon coïncide avec le début de la saison touristique saharienne et c’est une occasion pour promouvoir nos produits ».

Le président de l’association des agences de voyage de Tamanrasset a évoqué dans son entretien à Maghreb Émergent que « le manque de guides et accompagnateurs de touriste dans le sud du pays, notamment les guide spécialisés, pose un problème ces dernières années. Même les formations données dans les centres de formation professionnelles n’obéies pas aux exigences. Les guides accompagnateurs doivent maitriser les parcours, mais aussi l’histoire, l’archéologie, la culture, c’est ce dont s’intéressent les touristes ».

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