À l’approche de la saison estivale, les autorités portuaires algériennes instaurent de nouvelles restrictions concernant les véhicules utilitaires transportés par ferry. Dans un communiqué publié hier, les services portuaires annoncent « l’interdiction d’embarquement des véhicules utilitaires (fourgons) à bord des navires de transport de passagers via les ports nationaux » durant la période « du 15 juin 2026 au 15 septembre 2026 ». Cette décision s’inscrit dans une stratégie de régulation des flux et de lutte contre certaines pratiques commerciales déguisées observées chaque été.
Les ports les plus concernés sont notamment le Port d’Alger et le Port d’Oran, principaux points d’entrée des voyageurs venant d’Europe. Le texte insiste sur « l’application rigoureuse » des nouvelles règles et sur la coordination avec plusieurs organismes publics, dont SERPORT, afin d’éviter toute saturation logistique pendant les pics d’affluence.
Détails d’une mesure ciblée publiée officiellement
Selon le communiqué, cette restriction ne concerne pas uniquement les fourgons. Les autorités annoncent également « l’interdiction d’entrée des véhicules neufs dont l’âge est inférieur à trois ans » via certains ports durant la haute saison, car ils sont considérés comme « destinés à l’exportation ». L’objectif affiché est clair : « assurer les meilleures conditions d’accueil à notre communauté nationale établie à l’étranger » tout en maintenant la fluidité du trafic maritime.
Les compagnies opérant vers l’Algérie, telles que ENTMV, Corsica Linea, Balearia ou Grandi Navi Veloci, sont appelées à « veiller au respect strict des programmes de traversées ». Les autorités préviennent que toute surcharge ou irrégularité sera sanctionnée afin d’éviter les désordres observés lors des saisons estivales précédentes.
Diaspora et transport de colis : un impact direct
Sur le terrain, cette mesure aura des répercussions concrètes. De nombreuses familles de la diaspora rentrent chaque été avec des fourgons remplis de bagages déclarés comme effets personnels. Or, certains de ces chargements sont en réalité destinés à la revente informelle sur le marché local. La restriction vise donc à limiter ce commerce parallèle qui se développe durant l’été.
Elle affectera également les transporteurs informels ou semi-déclarés qui proposent des services de livraison entre l’Europe et l’Algérie, souvent facturés « au kilo ». Plusieurs d’entre eux se sont structurés ces dernières années sous le statut d’autoentrepreneur dans ce qu’on appelle le commerce de cabas. Avec la nouvelle règle, leur activité sera freinée, car l’accès aux ports avec utilitaires ne sera plus possible pendant trois mois.
Cette décision traduit la volonté de l’État de reprendre le contrôle sur les flux de marchandises transitant par voie maritime durant la haute saison. Reste à voir si cette régulation réduira réellement l’informel ou si elle déplacera simplement ces activités vers d’autres circuits.
















