Le bras de fer se durcit. La grève des transporteurs privés de voyageurs entre, ce mercredi 7 janvier, dans sa cinquième journée consécutive. Ce mouvement fait suite à une quatrième journée de mobilisation déjà marquée par une forte perturbation. Malgré des tentatives de médiation, le débrayage reste massivement suivi sur l’ensemble du territoire national.
Alger et les grandes wilayas à l’arrêt
Dans la capitale, l’adhésion à la grève des transporteurs est quasi-totale. Dès les premières heures de la matinée, les gares routières et les principaux arrêts de bus affichaient un visage inhabituel. Les bus privés ont totalement disparu du paysage urbain. Désormais, seuls les taxis et les véhicules des entreprises publiques assurent le service à Alger et dans sa périphérie. Néanmoins, cette offre demeure largement insuffisante pour répondre à la demande.
Le constat est identique dans plusieurs wilayas du centre et de l’est. À Tizi Ouzou, Blida, Sétif et Boumerdès, le taux de suivi frise les 100 %. En revanche, une reprise timide est signalée à Constantine, Béjaïa, Oum El Bouaghi et Khenchela. Des sources locales indiquent que quelques opérateurs privés ont repris du service sur certaines lignes urbaines ce mercredi matin, sans pour autant mettre fin au sentiment de paralysie générale.
Un dialogue de sourds avec les autorités
Pourquoi ce blocage persiste-t-il ? Pour les grévistes, la réponse est simple : l’absence de propositions concrètes. « Nous n’avons reçu aucune réponse claire et convaincante de la part des autorités », déplore un transporteur à Alger.
Le passage du ministre de l’Intérieur et des Transports devant le Conseil de la nation, mardi, n’a pas apaisé les esprits. Les protestataires attendaient des gestes forts lors de la présentation du projet d’amendement du Code de la route. Au lieu de cela, ils ont obtenu les mêmes réponses à leurs revendications principales, à savoir la révision à la hausse des tarifs du transport pour faire face aux coûts d’exploitation, la disponibilité immédiate des pièces détachées sur le marché national à des prix régulés, et le retrait du projet d’amendement du Code de la route.
Une vie quotidienne lourdement impactée
Les conséquences de cette grève des transporteurs sont désastreuses pour les usagers. Dans le secteur de l’enseignement supérieur, de nombreuses facultés ont dû reporter les examens prévus cette semaine. Parallèlement, le monde économique subit de plein fouet ce débrayage avec un taux d’absentéisme record dans les lieux de travail.
Pour le citoyen lambda, le transport est devenu un véritable parcours du combattant. Sans une intervention urgente des pouvoirs publics pour dénouer la crise, le pays s’apprête à vivre une fin de semaine particulièrement chaotique sur le front social.

















