Tunisie : les barrages retrouvent de l’eau après des années de stress hydrique

Tunisie : les barrages retrouvent de l’eau après des années de stress hydrique

Après plusieurs années marquées par une sécheresse persistante et une forte pression sur les ressources hydriques, la Tunisie enregistre une amélioration notable de la situation de ses barrages. Grâce aux précipitations importantes enregistrées ces dernières semaines, les réserves d’eau ont franchi le seuil de 1,1 à 1,2 milliard de mètres cubes, portant le taux global de remplissage à près de 50 %, contre moins de 20 % à la fin de l’année 2024.

Un net rebond des réserves en eau

Selon des données relayées début février, six barrages du Sahel central affichent désormais un taux de remplissage de 100 %. L’expert, tunisien, en ressources hydriques Anis Ben Rayana a indiqué sur les ondes d’Express FM que le volume total stocké dans les barrages tunisiens avoisine actuellement 1,2 milliard de m³, un niveau inédit depuis plusieurs années.

Parmi les ouvrages concernés figure notamment le barrage de Sidi El Barrak, l’un des plus importants du pays, aujourd’hui plein, au point de nécessiter des lâchers d’eau vers la mer en raison de sa position géographique. Les six barrages du Sahel central, qui représentent une capacité globale d’environ 70 millions de m³, sont également arrivés à saturation.

Dans le Nord et le Nord-Ouest, régions traditionnellement plus arrosées, les barrages dépassent pour la plupart les 70 % de remplissage, même si certaines retenues du centre du pays restent encore à des niveaux inférieurs.

Des pluies décisives après une longue sécheresse

Cette amélioration intervient après une période critique. La Tunisie a subi, ces dernières années, une sécheresse structurelle, aggravée par le changement climatique, la baisse des précipitations et l’augmentation de la demande en eau, notamment pour l’agriculture et l’eau potable. Certains barrages avaient alors atteint des niveaux historiquement bas, entraînant des restrictions d’eau et une forte inquiétude dans la population.

Les récentes perturbations météorologiques ont changé la donne. Selon Houcine Rhili, expert en développement et en ressources en eau, trois semaines consécutives de pluies ont permis d’inverser la tendance. La tempête Hary, notamment, a apporté d’importantes quantités de pluie sur les zones côtières, profitant aux petits barrages de Nabeul, Ben Arous, ainsi qu’aux lacs collinaires du Sahel et du Cap Bon, dont certains ont retrouvé leur pleine capacité après des années de déficit.

Dans l’extrême nord et le nord-ouest du pays, des cumuls dépassant 140 mm à Beni M’tir et 99 mm à Siliana ont favorisé l’écoulement des oueds et des apports significatifs vers les grands barrages, dont Sidi Salem, le plus important du pays, dont le taux de remplissage est passé de moins de 20 % à plus de 35 %.

Une situation plus rassurante, mais à gérer avec prudence

Pour les spécialistes, la situation actuelle est jugée encourageante, sans pour autant écarter la nécessité d’une gestion rigoureuse. Si les pluies se poursuivent en février et mars, périodes traditionnellement humides, le pays pourrait atteindre un taux de remplissage proche de 65 %, un niveau comparable à celui de 2019.

Les autorités rappellent à ce titre l’importance de l’entretien des infrastructures hydrauliques, notamment le canal Medjerda–Sahel, essentiel pour le transfert de l’eau vers les zones les plus dépendantes.

Vers une amélioration de la qualité de l’eau potable

Au-delà des volumes stockés, l’augmentation des apports et la baisse de l’évaporation contribuent également à améliorer la qualité de l’eau, notamment en réduisant sa salinité. Une évolution positive qui devrait faciliter le traitement par la SONEDE et se traduire, dans les mois à venir, par une meilleure qualité de l’eau potable.

Si cette embellie offre un répit bienvenu après des années de stress hydrique, les experts s’accordent à rappeler que la Tunisie, comme l’ensemble de l’Afrique du Nord, reste exposée à une vulnérabilité structurelle face au changement climatique, rendant indispensable une politique durable de gestion de l’eau.

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