Le marché algérien demeure le premier moteur du tourisme en Tunisie. Mais derrière les chiffres record de fréquentation se cache une réalité moins visible : une large part des revenus générés par ces visiteurs échappe au circuit formel du secteur touristique.
Selon Dora Milad, présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie, plus de 80 % des visiteurs algériens ne séjournent pas dans des établissements hôteliers, privilégiant des solutions d’hébergement informelles ou relevant du marché parallèle.
Quatre millions de visites algériennes en 2025
En 2025, la Tunisie a enregistré plus de quatre millions de visites d’Algériens, un niveau historique. Les entrées ont progressé de 14,6 % par rapport à 2024, année qui avait déjà atteint un record avec 3,5 millions d’arrivées.
Cette dynamique a contribué à porter le total des arrivées touristiques dans le pays à plus de 11,3 millions de visiteurs toutes nationalités confondues, contre 10,3 millions en 2024.
Seuls 19 % des visiteurs algériens à l’hôtel
Mais selon Dora Milad, seulement 19 % des visiteurs algériens ont séjourné dans des hôtels en 2025. Autrement dit, plus de quatre visiteurs sur cinq ont opté pour des logements informels, qu’il s’agisse de locations non déclarées, d’hébergements chez des particuliers ou d’autres formes d’hébergement hors circuit officiel.
Cette situation, estime la présidente de la Fédération tunisienne de l’hôtellerie, contribue à alimenter une part importante de l’économie touristique informelle, dont les revenus échappent au système bancaire et aux statistiques officielles.
Elle rappelle que, selon les données de l’Office national des statistiques, le tourisme représente environ 5 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, mais ce chiffre ne prendrait pas en compte l’activité générée par ce marché parallèle.
Un phénomène également visible avec les Libyens
Le même phénomène concerne également les visiteurs en provenance de Libye. Sur près de deux millions de voyages libyens enregistrés en 2025, seuls 13 % auraient séjourné dans des établissements hôteliers, selon les estimations évoquées par la même source.
Pour la responsable professionnelle, l’enjeu pour le secteur consiste désormais à intégrer ces hébergements informels dans le circuit officiel, afin d’améliorer la traçabilité des revenus touristiques et d’accroître les recettes fiscales et en devises.
















