L’économie tunisienne a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025, selon les dernières estimations publiées par Institut national de la statistique. Ce résultat intervient après une progression du produit intérieur brut (PIB) de 2,7 % au quatrième trimestre 2025 en glissement annuel et de 1 % par rapport au trimestre précédent.
Ce niveau de croissance reste légèrement inférieur aux prévisions révisées du gouvernement, qui tablaient sur 2,6 %, alors que les premières estimations du budget anticipaient une expansion comprise entre 3 % et 3,2 % avant d’être revues à la baisse en cours d’année.
Une croissance soutenue par l’agriculture et l’industrie
La dynamique de 2025 repose principalement sur l’agriculture et les industries manufacturières. La valeur ajoutée agricole aurait progressé d’environ 2,9 % à 3 %, un niveau légèrement supérieur à celui observé en 2024.
En revanche, le secteur de l’énergie et des activités extractives continue d’afficher des performances faibles, ce qui pèse sur la croissance globale.
Les projections initiales avaient également été jugées trop optimistes, notamment concernant la récolte céréalière. Les scénarios de croissance retenaient une production d’environ 20 millions de quintaux, alors que les données disponibles fin août n’en indiquaient qu’environ 12 millions, rendant cet objectif difficile à atteindre.
Une croissance tirée par la consommation
Au-delà du taux global, plusieurs analystes soulignent que la croissance tunisienne reste principalement alimentée par la consommation intérieure. Cette configuration est considérée comme fragile, car elle tend à accroître le déficit commercial et les pressions inflationnistes, contrairement à un modèle fondé sur l’investissement et les exportations.
Les données relatives à l’emploi restent par ailleurs à analyser en détail, même si l’INS indique une baisse du chômage au quatrième trimestre 2025 par rapport au trimestre précédent.
Un déficit commercial toujours élevé
Le début de l’année 2026 s’accompagne d’un déficit commercial toujours important, bien qu’il soit inférieur à celui enregistré en janvier 2025. Cette amélioration est toutefois liée en partie à la contraction des importations, dans un contexte de rareté de certains produits.
Or, la réduction des importations peut aussi freiner l’acquisition de biens d’équipement et de matières premières, indispensables à l’activité industrielle. Les économistes estiment que l’enjeu pour la Tunisie est plutôt d’accélérer la progression des exportations afin qu’elles dépassent celle des importations.
Malgré une économie résiliente, la croissance tunisienne reste modeste et fragile, marquée par un investissement limité, des exportations insuffisamment valorisées et un déficit commercial structurel. Pour consolider sa trajectoire, le pays devra renforcer la production, l’investissement et la montée en gamme de ses exportations.
















