Selon l’Indice du gaspillage alimentaire 2024 publié par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), chaque Tunisien jette en moyenne 172 kilogrammes de nourriture par an, ce qui représente près de deux millions de tonnes de denrées gaspillées au niveau national. Ce chiffre place la Tunisie en tête du Maghreb, dans un contexte marqué par des tensions croissantes sur la sécurité alimentaire et la hausse des coûts de production.
Les produits les plus concernés sont le pain, les céréales et les légumes. Le Fonds mondial pour la nature (WWF) alerte sur le fait que ce gaspillage dépasse la seule perte économique : il mobilise inutilement des ressources stratégiques telles que l’eau, l’énergie et les terres agricoles. À l’échelle globale, les déchets alimentaires contribuent à environ 10 % des émissions de gaz à effet de serre, notamment par la production de méthane dans les décharges, soulignant ainsi l’impact environnemental majeur de ce phénomène.
Le pain, symbole du gaspillage alimentaire
Face à l’ampleur du gaspillage du pain, élément central de l’alimentation tunisienne, le député Marwan Zayan a proposé une réforme audacieuse du système de tarification et de production du pain subventionné. Selon ses estimations, près de 900.000 pains seraient jetés chaque jour, générant un coût considérable pour l’État en termes de subventions.
Pour y remédier, le député propose un prix unique de 250 millimes pour une baguette standardisée de 300 grammes, fabriquée à partir d’une farine complète à taux d’extraction élevé (~80%). Cette réforme viserait à améliorer la valeur nutritionnelle, prolonger la durée de conservation et limiter les pertes dues à la surproduction de formats multiples.
Un fonds pour la souveraineté alimentaire
La proposition de loi inclut également la création d’un fonds dédié à la souveraineté alimentaire, financé par les économies réalisées grâce à cette rationalisation. Ce fonds pourrait soutenir les producteurs locaux, moderniser les infrastructures de stockage et de transformation, et faciliter l’accès des familles à faible revenu aux produits de première nécessité.
Le député Zayan appelle à un référendum populaire, éventuellement aligné sur les prochaines élections municipales, pour garantir l’adhésion citoyenne et ouvrir un dialogue national impliquant pouvoirs publics, experts, organisations professionnelles et société civile.
















