Turin : Fiat Algérie mise sur des partenariats italiens et exclut l’export vers l’Europe

Turin : Fiat Algérie mise sur des partenariats italiens et exclut l’export vers l’Europe

La rencontre tenue lundi à Turin, entre la filiale algérienne de Stellantis et plus d’une centaine d’entreprises italiennes spécialisées dans la sous-traitance automobile, marque un tournant stratégique dans la relation industrielle entre les deux rives de la Méditerranée.

Dans un contexte où Fiat Algérie peine encore à satisfaire la demande locale, cette rencontre prend une dimension particulière. Elle pose les bases d’un dialogue industriel structuré, à un moment où d’autres usines européennes de Stellantis ont déjà réussi à stabiliser leur production et leurs marchés domestiques.

Une rencontre stratégique à Turin : 117 entreprises mobilisées

Selon Stellantis, la réunion organisée à Turin a rassemblé « plus d’une centaine d’entreprises italiennes actives dans la fabrication de composants et la sous-traitance automobile », en présence de la filiale algérienne du groupe. L’objectif est clairement défini : « ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises italiennes dans leur démarche d’internationalisation », tout en consolidant la base industrielle en Algérie.

Un porte-parole du groupe a tenu à lever toute ambiguïté : cette rencontre « n’a absolument aucun lien avec un transfert d’activité industrielle ou une orientation de la production vers le marché européen ». Le modèle retenu repose sur un principe central : « la production en Algérie pour le marché algérien ».

Fiat Algérie face à la pression de la demande locale

Le contraste est frappant. Alors que certaines unités européennes de Stellantis ont atteint une relative maturité industrielle, Fiat Algérie fait face à une demande locale qu’elle n’arrive pas encore à absorber pleinement. Cette situation explique en partie l’intérêt porté au développement d’un tissu de fournisseurs et de partenaires industriels capables de soutenir la cadence.

Stellantis le rappelle sans détour : « Stellantis vend en Algérie ce qu’il produit en Algérie ». Autrement dit, aucune voiture produite à Tafraoui n’est destinée au marché européen. Le groupe insiste également sur le fait que « l’écosystème industriel que Stellantis entend mettre en place en Afrique du Nord n’est pas en concurrence avec le système européen ».

Pas d’export vers l’Europe, mais une ouverture maîtrisée vers l’Afrique

Si l’export vers l’Europe est clairement exclu, l’hypothèse d’un positionnement africain reste en toile de fond. La différence structurelle entre les marchés européen et africain, en termes de normes, de pouvoir d’achat et de besoins, rend cette option plus cohérente à moyen terme.

Stellantis souligne que les discussions ont porté sur « la fourniture de technologies et d’équipements industriels », ainsi que sur « la fabrication locale de pièces détachées et de composants ».

Le groupe n’exclut pas, dans ce cadre, « la possibilité d’investissements directs dans le développement de l’industrie mécanique et la production locale de composants automobiles ». Une orientation qui concerne exclusivement « les besoins des unités de production en Algérie ».

Cette approche traduit une vision de long terme : construire un écosystème industriel intégré, fondé sur « des partenariats efficaces » et une intégration industrielle progressive, allant au-delà du simple assemblage.

Tafraoui, cœur de la stratégie industrielle de Fiat Algérie

La présence industrielle de Stellantis en Algérie s’articule autour de l’usine de Tafraoui, dans la wilaya d’Oran. Trois modèles sont concernés en 2025 : « le Doblo, le Doblo Panorama », tandis que « la production de la Fiat Grande Panda est en préparation ».

Selon le groupe, l’objectif est clair : atteindre une production de 90 000 véhicules d’ici 2026, dans le cadre d’une stratégie de consolidation du marché national et de création de valeur ajoutée locale, « conformément à la réglementation algérienne ».

La vice-présidente de l’Association des industriels de Turin, Giorgia Garola, a qualifié cette rencontre de « réelle opportunité » pour les entreprises du Piémont. Elle précise que cette initiative « renforce la présence industrielle européenne sur le marché africain » et permet de bâtir « des relations durables fondées sur la qualité, la fiabilité et l’innovation ».

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