Le Progress avait quitté le port russe de Primorsk, près de Saint-Pétersbourg, le 8 janvier 2026, avec pour destination Port-Saïd, en Égypte, porte d’entrée stratégique du canal de Suez. Selon les informations relayées par le média américain Bloomberg, cité par le journal, le pétrolier naviguait à pleine charge lorsqu’un comportement anormal a été détecté après son passage au large d’Alger.
Mercredi après-midi, le navire a en effet brusquement quitté les voies de navigation habituelles, virant au nord pour une raison inexpliquée. Jeudi matin, son statut de navigation a été officiellement modifié en « Hors de contrôle », tandis que sa vitesse chutait à environ un nœud, selon les données maritimes consultées par Bloomberg.
Toujours selon ce média, l’incident serait dû à une panne mécanique, survenue sur un navire ancien, et non à une attaque ou à un acte de sabotage. Le Progress appartiendrait par ailleurs à la « flotte fantôme » russe, un ensemble de navires utilisés par Moscou pour exporter son pétrole en contournant les sanctions internationales imposées depuis le début de la guerre en Ukraine.
Cette situation intervient dans un contexte de durcissement des actions occidentales contre ces pétroliers jugés opaques et à risque. Ces dernières semaines, plusieurs opérations d’arraisonnement ont été menées en Méditerranée et en Atlantique contre des navires soupçonnés de violer les sanctions européennes.
Jeudi, la Marine française a ainsi arraisonné un autre pétrolier, le Grinch, également soupçonné d’appartenir à cette flotte parallèle. Le président français Emmanuel Macron a affirmé à cette occasion que la France ne laisserait « rien passer », évoquant « un navire pétrolier sous sanctions internationales et suspecté d’arborer un faux pavillon ».
Les autorités françaises ont annoncé vendredi que le Grinch serait escorté vers la France, avec une arrivée prévue samedi matin au port de Marseille-Fos, qui dispose d’un important terminal pétrolier à Fos-sur-Mer. Il s’agit de la deuxième opération de ce type menée par la France, après l’interception du Boracay fin septembre, détourné vers le port de Saint-Nazaire.
Au total, 598 navires sont actuellement soupçonnés de faire partie de la « flotte fantôme » russe et font l’objet de sanctions de l’Union européenne, dans un effort visant à restreindre les capacités d’exportation énergétique de Moscou tout en limitant les risques environnementaux et sécuritaires en mer.
















