« Il est porté à la connaissance de l’ensemble des étudiants de l’UMMTO que les examens prévus sont reportés à une date qui sera communiquée ultérieurement.»
C’est par ce message laconique, publié dimanche soir sur la page officielle de l’Université Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, que des milliers d’étudiants ont appris le gel des cours, des travaux dirigés et des examens jusqu’à nouvel ordre. Une annonce qui intervient dans un contexte exceptionnel, une grève du transport suivie presque à 100 %, ayant paralysé l’ensemble du transit dans la wilaya dès ce dimanche.
La wilaya de Tizi Ouzou vit au ralenti. Bus universitaires à l’arrêt, transport privé inexistant, liaisons interurbaines interrompues. La grève, déclenchée en réaction au nouveau Code de la route et à la hausse des prix du carburant, des lubrifiants et des pièces de rechange, a trouvé un large écho sur le terrain.
« À partir de dimanche, tout était bloqué. Aucun moyen de transport, ni public ni privé », confient plusieurs usagers. Cette adhésion massive au mouvement a rapidement produit ses effets sur des secteurs sensibles, à commencer par l’enseignement supérieur.
Une crise aux effets en cascade
L’annonce de l’UMMTO a semé le doute et l’inquiétude. « J’ai vu l’annonce sur Facebook, sur la page officielle de l’université, mais j’avais des doutes », raconte Yacine, étudiant en génie mécanique. « C’est une période d’examens. J’ai tenté d’aller à Tizi Ouzou pour vérifier. Finalement, je suis resté coincé. Pas de bus universitaire, pas de bus privé. Je suis rentré chez moi. »
Pour d’autres, l’impact est aussi psychologique. « Pendant toutes les vacances, je me suis préparé pour ces examens », explique Nourdine, étudiant à la faculté des sciences. « Et subitement, on nous annonce un report sans date. Je ne sais pas si je dois continuer à réviser ou attendre. C’est une situation vraiment paralysante pour nous. »
Au-delà de l’université, cette grève révèle une désorganisation plus large. La suspension des examens n’est qu’un symptôme d’une crise plus profonde, née de décisions jugées irréfléchies par les professionnels du transport. L’absence de visibilité sur une date de reprise accentue l’incertitude et enfonce davantage la wilaya dans l’impasse.
Pour l’heure, ni les étudiants ni les transporteurs ne disposent d’un calendrier clair. Cette incertitude prolongée risque de fragiliser durablement plusieurs secteurs, de l’éducation à l’économie locale. À Tizi Ouzou, la paralysie n’est plus seulement routière, elle est devenue institutionnelle et sociale, en attendant une issue que personne n’ose encore dater.