L’Ambassade de Belgique à Alger vient d’annoncer des nouvelles règles pour les demandeurs de visa. Entre un rappel ferme aux principes de l’espace Schengen et une volonté affichée de doper les liaisons aériennes, Bruxelles joue une partition subtile : filtrer les flux tout en encourageant les véritables échanges économiques et touristiques.
Dans un communiqué publié sur son compte facebook, la représentation diplomatique belge a tenu à remettre les pendules à l’heure concernant la procédure de dépôt des dossiers. Pour les Algériens, la Belgique ne veut plus être une simple « porte d’entrée » administrative vers d’autres pays européens.
La fin du détournement de destination
De nombreux demandeurs de visa utilisent la Belgique comme un « point d’accès » pour rejoindre plus facilement d’autres pays de l’espace Schengen, la France en tête. Désormais, le ton est au strict respect de la destination principale. Le communiqué est sans équivoque : « Les demandes de visa doivent être déposées auprès du consulat du pays de destination principale ou du pays où vous séjournerez le plus longtemps ».
Bruxelles prévient que l’on ne peut plus solliciter l’Ambassade de Belgique via son prestataire TLS qu’« uniquement si votre destination principale est la Belgique ou le Luxembourg ». Le rappel des délais est tout aussi rigoureux, s’étalant « entre 6 mois et 15 jours avant la date de départ prévue ». Le message est clair pour ceux qui tenteraient de contourner ces dispositions: « Toute demande non conforme à cette règle risque d’être refusée ». Un durcissement qui vise à garantir que le visa belge serve réellement à visiter la Belgique.
Accord aérien : faire de la Belgique une destination phare
Pourtant, cette rigueur administrative s’accompagne d’une main tendue sur le plan économique. La Belgique a le 12 février dernier franchi un pas stratégique en signant un protocole d’accord visant à « promouvoir les liaisons aériennes avec l’Algérie ». Cet accord n’est pas qu’une formalité diplomatique ; il « contribuera à augmenter la fréquence hebdomadaire des vols passagers entre nos deux pays ».
Pour les autorités belges, ce dynamisme aérien témoigne de la « vision d’avenir de nos relations économiques ». L’objectif est limpide : en facilitant le transport tout en verrouillant l’usage des visas, la Belgique veut s’imposer comme une destination de choix pour les touristes et les hommes d’affaires algériens, et non plus comme une escale technique. Un pari sur le long terme qui mise sur la qualité des échanges plutôt que sur le volume des transits.
















