La Bourse de Wall Street traverse une zone de turbulences, tirée vers le bas par les géants de la tech, les GAFAM (Google/Alphabet, Amazon, Facebook/Meta, Apple, Microsoft). Les actions de ces mastodontes ont chuté ces dernières semaines. Elles sont plombées par des annonces d’investissements massifs en intelligence artificielle (IA). De plus, un contexte économique américain fragile accentue la situation. En outre, la bourse américaine subit une mutation significative à cause de l’impact des GAFAM.
Ce séisme boursier soulève des questions sur l’avenir des dépenses en IA dans le monde. Il questionne aussi la montée en puissance de la concurrence chinoise et le rôle des pays émergents, y compris en Afrique et au Maghreb. Par ailleurs, les annonces technologiques influencent la bourse mondiale, laquelle demeure sensible aux évolutions du secteur.
Tout a commencé avec Alphabet, maison-mère de Google. Le 4 février, ses résultats trimestriels ont révélé des prévisions de dépenses en capital (capex) pouvant atteindre 180 milliards de dollars en 2026. Ce chiffre double les attentes des analystes (119 milliards). D’ailleurs, ces fonds, destinés principalement à l’IA et aux infrastructures, ont suscité des doutes sur la rentabilité à court terme. En matière de marchés financiers, les investisseurs analysent les tendances liées à la bourse et l’incertitude demeure.
Résultat : une dégringolade de 4% pour l’action Alphabet. Cette chute entraîne le Nasdaq Composite dans une baisse de 1,5% et le S&P 500 de 1,2%. Les autres GAFAM ont suivi, dans un marché marqué par une dégradation du marché du travail américain. En effet, les demandes d’allocations chômage sont en hausse et les suppressions de postes au plus haut depuis 2009. Ainsi, les variations de la bourse reflètent ces tensions économiques.
Nvidia, pilier de l’IA avec ses puces omniprésentes chez les hyperscalers, n’a pas échappé à la tourmente. Bien que ses résultats du T4 2025 soient attendus ce 25 février après clôture, son action a reculé de plus de 1% ces 48 dernières heures. Dans un secteur des semi-conducteurs en chute libre (-4,7% pour l’indice Philly), le malaise se ressent. Les investisseurs anticipent un test crucial. Par ailleurs, une guidance décevante pourrait confirmer les craintes d’un ralentissement des dépenses IA. En conséquence, le secteur technologique montre de fortes fluctuations et inquiétudes sur la bourse.
Anthropic et OpenAI : disruption et concurrence accrue
La donne s’est corsée avec les annonces d’Anthropic et OpenAI. Début février, Anthropic a dévoilé une nouvelle mouture de son modèle Claude. Elle est accompagnée d’outils d’automatisation IA gratuits et open source. Ces innovations menacent directement les logiciels payants dans le support client, les services légaux et financiers. Conséquence : 285 milliards de dollars de capitalisation boursière envolés pour les actions de logiciels. On observe un impact sur la bourse, notamment avec un Nasdaq 100 plombé de 2,4%. OpenAI, valorisée à 800 milliards dans un tour de table imminent, perd du terrain dans les classements comme LMSYS Arena, où Claude d’Anthropic domine.
Ces chocs s’ajoutent aux 600 milliards de dollars prévus en capex IA par les hyperscalers en 2026 (Meta 65 Md$, Google 50 Md$, Microsoft 44 Md$). Malgré la volatilité, les flux d’investissements mondiaux en IA générative et inférence persistent. Nvidia conserve 80% du marché GPU. Mais les valorisations élevées (350 Md$ pour Anthropic) et les doutes sur la monétisation freinent l’enthousiasme. Pour la bourse internationale, cela se traduit par une prudence accrue des investisseurs.
La Chine en embuscade
La concurrence chinoise tire profit de cette fragilité américaine. Pékin accélère ses investissements IA grâce à un relâchement des pénuries de puces, via Huawei, Alibaba et des startups comme Biren (IPO à 5,58 Md HK$). Anthropic accuse même des firmes chinoises (DeepSeek, Moonshot) d’espionnage de données sur Claude. Parallèlement, les bannissements US renforcent les tensions. La Chine érode la domination Nvidia (de 95% à moins), comblant ses lacunes via des chips autosuffisants comme Ascend. Cette « arms race » IA persiste. D’ailleurs, les restrictions export US protègent partiellement l’avance américaine tout en stimulant l’innovation chinoise, avec des répercussions directes sur la bourse asiatique.
Pays émergents : des opportunités dans la supply chain
Au milieu de ce duel sino-américain, les pays émergents, dont l’Afrique et le Maghreb, émergent comme acteurs stratégiques. Riches en métaux critiques (cuivre, lithium, cobalt), l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine profitent de la ruée vers les data centers. L’Inde et le Vietnam se positionnent comme hubs de semi-conducteurs, avec des marchés actions sous-évalués (32% de décote). Par conséquent, les perspectives de croissance sur la bourse dans ces pays sont importantes.
En Afrique, l’adoption IA explose : +270% des recherches Google et 27% des Kényans utilisant ChatGPT quotidiennement. Des labs se déploient au Ghana, Ouganda et Afrique du Sud pour l’agriculture et la santé. Au Maghreb, l’Algérie intègre l’IA via partenariats chinois (infrastructures) et US (outils Claude), malgré un indice de préparation faible (0,33). La Chine supprime les droits de douane pour 53 pays africains dès mai, boostant les exportations. Les US via l’AGOA favorisent l’accès tech. Il convient de noter que pour la bourse africaine, ces avancées peuvent créer de nouveaux risques de dépendance.
















