Selon le World Inequality Report (WIR) 2026, environ un pour cent du PIB mondial circule chaque année du Sud global vers les pays riches sous la forme de revenus nets sur actifs étrangers. Ces flux, qui incluent le paiement d’intérêts, de dividendes ou de profits rapatriés, excèdent largement l’aide publique au développement reçue par ces mêmes pays.
Ces chiffres bousculent une nouvelle fois le récit dominant des relations Nord-Sud. Celui qui décrit des économies avancées jouant le rôle de donateurs indispensables au développement, alors que les statistiques d’aide publique masquent une réalité financière d’une ampleur et d’une injustice stupéfiantes. Le rapport met en lumière un flux financier « discret mais massif » et montre que l’aide publique n’est qu’une illusion comptable : les transferts privés nets vers le Nord représentent un montant trois fois supérieur à l’aide que le Sud reçoit.
Le rapport ne se contente pas de mesurer les inégalités de patrimoine ; il révèle un mécanisme d’extraction structurelle qui renverse totalement le sens apparent des transferts de richesse. Loin d’être secouru, le Sud apparaît comme le financier net du Nord — un fait économique lourd de conséquences pour l’avenir des nations en développement. L’analyse montre comment un « exorbitant privilège » transforme dettes et réserves en rente au profit des économies les plus riches, annulant de fait les efforts de solidarité et perpétuant une forme modernisée d’échange inégal.
Asymétrie totale
Ce phénomène repose sur l’« exorbitant privilège » des puissances financières comme les États-Unis, l’Europe et le Japon. L’asymétrie est totale : alors que ces économies empruntent sur les marchés à des taux extrêmement faibles, elles placent leurs actifs à des rendements élevés, souvent au Sud. À l’inverse, les pays du Sud doivent supporter des taux d’emprunt bien plus onéreux tout en obtenant des rendements modestes sur leurs propres réserves. Souvent investies dans des actifs « sûrs » comme les bons du Trésor américain, ces réserves génèrent des revenus limités, transformant de fait les pays du Sud en fournisseurs nets de capital pour le Nord. La mécanique est si puissante qu’elle se traduit, pour certains pays à faible revenu, par des sorties nettes atteignant 2 à 3 % du PIB par an — plus que les budgets nationaux consacrés à la santé ou à l’éducation.
Cette dynamique, loin d’être nouvelle, trouve ses racines dans une histoire longue d’asymétrie économique que les travaux de Samir Amin avaient déjà mise en évidence dès le milieu du XXe siècle. Le WIR 2026 en apporte une validation chiffrée contemporaine, qualifiant ce phénomène de « forme moderne d’échange inégal ». Le rapport précise que la domination ne passe plus « par les cargaisons de coton ou de café, mais par les bilans comptables et les marchés obligataires ».
Ce déséquilibre permanent ampute considérablement les budgets des États du Sud, réduit leur capacité à investir dans l’éducation et les infrastructures, aggrave les inégalités internes et renforce leur dépendance structurelle. Les auteurs du rapport insistent sur le fait que « ces écarts ne sont pas inévitables. Ils sont le résultat de choix politiques et institutionnels », plaçant ainsi la bataille pour le développement non pas « dans les champs ou les usines, mais dans les arcanes du système financier international ».
Réorienter les réserves de change du Sud vers… le Sud ?
Face à ce constat, le WIR 2026 et les experts appellent à une réforme profonde pour mettre fin à cette rente financière structurelle. Une première piste concerne les institutions : une révision des règles de Bâle III est jugée essentielle pour réduire la prime de risque abusivement élevée imposée aux pays en développement. Une deuxième consiste à repenser l’utilisation stratégique des vastes réserves de change détenues par le Sud. Ces capitaux, aujourd’hui investis à faible rendement dans le Nord, pourraient être réorientés vers des investissements productifs régionaux au sein même du Sud global. Enfin, pour atténuer immédiatement les effets de ces transferts massifs et redonner une marge de manœuvre budgétaire aux États les plus contraints, l’idée d’un fonds mondial de compensation est avancée.
Au-delà, le rapport insiste sur la nécessité d’une plus grande transparence des revenus d’actifs et d’une taxation plus coordonnée des patrimoines les plus élevés. Car si le top 10 % de la population mondiale possède 75 % de la richesse mondiale, la solution exige à la fois une ingénierie financière et une volonté politique. L’enjeu n’est pas d’augmenter l’aide : il est de corriger un système qui oriente structurellement les revenus financiers vers les économies les plus riches
WIR 2026 : comment le Sud global transfère chaque année des milliards vers le Nord


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