Depuis les premières semaines de 2026, l’Algérie multiplie les signaux en faveur de l’exportation. Deux rendez-vous économiques, organisés à Constantine et à Oran, illustrent cette dynamique naissante. Chacun avec sa spécificité, ils partagent un objectif commun : élargir durablement la base des exportations nationales, au-delà des hydrocarbures.
Oran : le salon des produits exportés, vitrine du “made in Algeria”
À Oran, capitale de l’Ouest, la première édition du Salon national des produits algériens exportés a ouvert ses portes du 13 au 16 janvier 2026, au Centre de conférences “Mohamed Ben Ahmed”. Placée sous le haut patronage du ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations, Kamel Rezig, cette manifestation a réuni plus de 200 exposants publics et privés, représentant un large éventail de filières.
Industries sidérurgiques, produits pharmaceutiques, agroalimentaire, matériaux de construction, textile : le salon a offert une photographie concrète de la capacité productive nationale. L’objectif affiché est de créer une “plateforme économique” pour valoriser la qualité du produit algérien, faciliter les opportunités de partenariat et ouvrir de nouveaux débouchés à l’international.
Lors de sa visite des stands, le ministre a insisté sur la nécessité de diversifier les destinations d’exportation, en ciblant prioritairement les marchés africains, arabes et européens. Ce message s’inscrit dans la stratégie globale visant à renforcer la présence algérienne sur les marchés extérieurs.
Constantine : les services exportés entrent dans le débat économique
Quelques jours plus tôt, du 5 au 8 janvier 2026, Constantine accueillait la première édition du Salon des services exportés. Une initiative inédite qui marque un tournant : pour la première fois, l’exportation intègre pleinement les compétences, le savoir-faire et l’innovation, au-delà des seuls produits matériels.
Le salon a réuni 77 exposants issus des technologies de l’information, du numérique, de l’ingénierie, du conseil, de la logistique, de la formation ou encore du tourisme – des secteurs où l’Algérie dispose d’un potentiel souvent sous-estimé. Les rencontres B2B et échanges professionnels ont mis en lumière une réalité : l’export de services repose sur la compétence, la crédibilité et la capacité d’adaptation, autant d’atouts que les opérateurs nationaux peuvent valoriser.
Deux premières éditions, un même enjeu stratégique
Oran pour les produits, Constantine pour les services : ces deux salons, organisés pour la première fois, traduisent une volonté politique assumée de structurer l’export comme levier central de l’économie nationale. Ils confirment que la diversification ne se décrète pas ; elle se construit via des espaces de rencontre, de dialogue et de mise en réseau.
Ces événements rappellent une évidence souvent répétée mais rarement appliquée : sans visibilité, accompagnement et concertation, l’export reste un slogan. En donnant la parole aux opérateurs et en créant des cadres dédiés, l’exportation devient une priorité économique inscrite dans la durée.
















