Pour la première fois, les autorités algériennes étudient sérieusement la possibilité de laisser un opérateur privé créer et gérer une ville à vocation industrielle et d’investissement. Un tournant historique dans la politique d’investissement du pays.
Le 14 avril 2026, l’Agence algérienne de la promotion de l’investissement (AAPI) a tenu une réunion de travail avec le porteur d’un projet ambitieux : la création d’une ville à vocation industrielle et d’investissement à Bougazoul, dans la wilaya de Médéa. L’information est publiée dans un communiqué de l’agence.
Le projet dont l’identité du porteur n’a pas été révélée, prévoit une première phase sur 74 hectares, avec une extension possible jusqu’à 150 hectares. Il comprend des unités de production multiples, des équipements de service et des infrastructures d’accompagnement. L’objectif est de créer un tissu industriel et d’investissement intégré et générer des emplois dans une région qui en a besoin.
Au terme de la réunion, les deux parties ont convenu d’organiser une visite de terrain dès lundi prochain. Cette visite permettra d’élaborer une vision concrète du projet et de définir le cadre réglementaire pour le lancement des travaux.
Une première en Algérie : le privé aux commandes d’une ville
Ce qui rend ce projet exceptionnel, c’est sa nature même. Jusqu’ici, la création et la gestion des zones industrielles relevaient exclusivement de l’État. Or, l’AAPI étudie désormais des mécanismes permettant aux opérateurs privés de développer des villes à vocation industrielle et d’investissement sur des terrains leur appartenant.
Ainsi, pour la première fois, l’Algérie montre une réelle prédisposition à confier au secteur privé l’initiative de créer, financer et gérer des espaces économiques structurés. C’est un signal fort envoyé aux investisseurs nationaux et étrangers.
Le précédent Cevital : un projet bloqué depuis dix ans
Cette ouverture intervient dans un contexte particulier. Il y a une dizaine d’années, le groupe Cevital avait acquis un terrain de 185 hectares dans la wilaya de Béjaïa. Son ambition : construire une ville touristique et d’affaires entre l’aéroport de Béjaïa et la ville de Tichy.
Toutefois, le projet s’est heurté à de vives oppositions et à l’absence des autorisations nécessaires. Résultat : le chantier n’a jamais démarré. Le terrain demeure gelé à ce jour. Cet épisode illustre les freins qui ont longtemps bloqué l’initiative privée dans ce domaine en Algérie.
Le modèle Hasnaoui à Oran : une réussite à dupliquer
À plus petite échelle, une initiative privée a néanmoins réussi. Dans la wilaya d’Oran, le groupe des Sociétés Hasnaoui a construit un quartier moderne, fonctionnel et bien équipé. Ce projet démontre que le secteur privé algérien est capable de concevoir et de réaliser des espaces urbains de qualité.
Ce modèle pourrait, dès lors, servir de référence pour les futures villes à vocation industrielle et d’investissement privées à travers le pays.


