À quelques semaines de son lancement commercial en février 2026, la Fiat Grande Panda s’apprête à débarquer sur le marché algérien, assemblée en CKD à l’usine Stellantis de Tafraoui, près d’Oran. Ce modèle compact marque une étape clé pour le groupe italo-Franco-américain, premier à passer au montage complet CKD en Algérie depuis septembre 2025. Pourtant, un voile de secret entoure son prix de vente – Stellantis ayant démenti les rumeurs de 2,35 millions DA – et ses volumes de production ciblés pour 2026, au sein d’une capacité globale de 90 000 unités/an.
Un lancement timide en Italie qui met la pression sur Alger
Lancée l’été dernier en Italie, berceau de Fiat, la Grande Panda peine à s’imposer malgré un design rétro et un positionnement hybride abordable dès 16 900 €. Avec seulement 1 082 unités écoulées en juillet 2025 et un pic à 2 526 en septembre, elle se classe autour de la 20e place annuelle, éclipsée par la Panda classique (leader pour la 14e année). En Europe, les volumes cumulés restent confidentiels (moins de 2 000/mois), freinés par des problèmes à l’usine serbe de Kragujevac. Cette contre-performance accentue l’enjeu algérien : succéder à la Fiat 500 (arrêtée en octobre 2025 après 10 000 unités) et au Doblò (25 000 unités en 2025), dont les lancements locaux ont boosté Stellantis à 18 000 ventes en 2024.
La crise Stellantis : un groupe sous tension
Depuis la fusion PSA-FCA en 2021, Stellantis accumule les revers : ventes mondiales en baisse de 10% à 5,5 millions d’unités en 2025, marge opérationnelle fondue à 4,5% (-5 points), résultat net divisé par 10 à 850 millions € et dette nette à 40 milliards €. Peugeot (1,6 million) et Citroën (800 000) résistent en Europe, mais Jeep et Ram s’effondrent aux USA (-25/-30%), Fiat recule de 12% à 700 000 unités. Fin 2025, Carlos Tavares cède la place à Antonio Filosa, qui prépare un plan stratégique estival 2026 : réduction du portefeuille de 14 marques, abandon du premium (Alfa Romeo, DS, Lancia) au profit des volumes A/B low-cost, et 10 000 suppressions de postes en Europe.
Pari algérien : un marché à conquérir avec prudence
Le marché automobile algérien était promis en bine partie à Fiat lors de l’inauguration de Tafraoui en 2023. Son potentiel de croissance reste fort mais aussi incertain à cause des obstacles bureaucratiques devant l’investissement et l’importation malgré un déficit chronique du parc roulant (âgé de 15 ans en moyenne). L’application depuis un mois de mesures répressives contre les importations massives de véhicules – les flottes à partir de la Chine – rétablie la voie aux assembleurs locaux comme Stellantis, Renault – s’il venait à reprendre- et Hyundai envoie de lancement. Les voitures d’occasion chinoises ont impacté le marché en 2025 à défaut de production locale soutenue . La Grande Panda pourrait viser 25 000 unités en 2026 (1 700-2 500/mois) si son prix se cale bien en dessous des 4 millions de dinars pratiqués pour des modèles concurrents.
Son chiffre de vente , rivaliserait dans ce potentiellement avec l’Italie et compterais significativement dans les bilans de Fiat. Mais le pouvoir d’achat érodé et la concurrence persistante des voitures chinoises imposeront un tarif agressif pour transformer ce pari industriel en succès commercial salvateur pour Fiat et Stellantis en Afrique.
















