Le secteur du commerce en Algérie traverse une zone de turbulences majeures. Un député interpelle désormais le gouvernement sur un phénomène alarmant : la fermeture massive de locaux commerciaux à travers le pays. Cette vague de radiations du registre du commerce reflète la détresse profonde des opérateurs économiques locaux face à un environnement de plus en plus complexe.
L’alerte lancée par le député Rabah Jeddou
Le député Rabah Jeddou, membre du mouvement El Bina El Watani, a officiellement saisi la ministre du Commerce intérieur et de la Régulation du marché national. Dans une question écrite enregistrée le 5 janvier 2026, l’élu de la wilaya de Médéa exprime son inquiétude face à ce qu’il qualifie de « retrait collectif » des commerçants et artisans.
Selon le parlementaire, cet engouement sans précédent pour la clôture des registres de commerce ne peut être considéré comme une simple procédure administrative ordinaire. Il s’agit d’une manifestation de déséquilibres économiques et sociaux profonds. Ces chiffres révèlent, selon lui, des failles importantes dans les politiques actuelles de gestion du marché intérieur.
Le député dresse un constat sévère sur le quotidien des commerçants algériens. Plusieurs facteurs poussent les opérateurs à abandonner leur activité légale. D’abord, la pression fiscale et les charges parafiscales sont devenues insupportables pour de nombreux petits commerce. Ensuite, l’instabilité réglementaire complique toute projection à long terme. Les instructions changent fréquemment, sans accorder de délais d’adaptation suffisants aux acteurs économiques.
Par ailleurs, la baisse du pouvoir d’achat des citoyens impacte directement le chiffre d’affaires du commerce de proximité. Les commerçants se retrouvent pris en étau entre la hausse des coûts de fonctionnement et la chute de la demande. Pour beaucoup, la radiation n’est plus un choix, mais une nécessité pour éviter l’accumulation de dettes et de poursuites.
L’impact déloyal de l’économie informelle
Le document souligne également une concurrence jugée déloyale. Le marché est dominé par l’économie informelle qui échappe à tout contrôle et à toute facturation, malgré les efforts de lutte contre les circuits illicites. Par conséquent, le commerçant légal devient le seul à supporter tout le poids des lois, des impôts et des sanctions. Cette absence d’égalité des chances pousse les acteurs du commerce organisé vers la sortie définitive.
Des explications chiffrées attendues du ministère
Face à cette situation critique, Rabah Jeddou exige des réponses précises de la part de la ministre. Il demande notamment :
- La lecture officielle du ministère sur ce retrait massif du secteur du commerce.
- Le nombre exact de registres de commerce radiés chaque année sur les cinq dernières années.
- Le nombre de travailleurs ayant perdu leur emploi suite à ces fermetures.
- Les mesures urgentes prévues pour soutenir l’activité commerciale légale.
Enfin, ce marasme est accentué par des mesures fiscales et législatives récentes qui pèsent sur les budgets. L’année 2025 a été marquée par une hausse spectaculaire du montant minimum d’impôt à payer (IFU), passant d’environ 11 000 dinars à 30 000 dinars algériens. Parallèlement, la promulgation de la loi sur la spéculation, prévoyant de lourdes peines privatives de liberté, ainsi que les restrictions sévères à l’importation, ont engendré des conséquences négatives sur l’activité. Cette pression croissante aggrave la vague de fermetures et la précarité générale du secteur à travers les différentes wilayas du pays.
















