Après une semaine de paralysie totale qui a mis à rude épreuve les nerfs des usagers, le secteur du transport privé de voyageurs amorce un retour progressif à l’activité ce samedi 10 janvier 2026. Si les gares routières retrouvent une certaine animation, le débrayage persiste dans plusieurs régions.
Le soulagement est palpable mais encore timide. Les transporteurs privés ont entamé ce matin une reprise partielle du travail sur l’ensemble du territoire national. Ce dénouement survient après une semaine de grève généralisée. Pour rappel, le mouvement avait débuté le samedi 3 janvier, atteignant son paroxysme lundi et mardi derniers. Durant ces deux journées noires, le taux de suivi avait franchi la barre des 90 % dans les wilayas d’Alger, Sétif, Bejaia, Tizi Ouzou, Bouira et Blida notamment.
Le Conseil de la Nation tente de désamorcer la crise
Le tournant de la crise a eu lieu jeudi dernier. L’appel à la reprise lancé par les syndicats a finalement été entendu par une partie de la base. Les garanties offertes par le président du Conseil de la Nation, deuxième personnage de l’État, ont pesé dans la balance. Ce dernier s’est engagé à ce que des réponses favorables soient apportées aux revendications des grévistes.
Les points de discorde sont clairs. Les transporteurs privés exigent principalement l’ouverture de négociations sur l’amendement du Code de la route, jugé excessivement répressif, mais également la révision à la hausse des tarifs du transport de voyageurs. Les protestataires veulent des mesures concrètes pour garantir la disponibilité des pièces détachées sur le marché.
Une reprise en ordre dispersé
Sur le terrain, le constat est toutefois contrasté. Dans la capitale, le transport urbain affiche une reprise appréciable dès les premières heures de la matinée. En revanche, le segment inter-wilaya montre davantage de résistance. De nombreux opérateurs hésitent encore à reprendre la route, rendant le trafic instable.
En revanche, la contestation reste vive à Bejaia et Tizi Ouzou où le transport demeure un véritable casse-tête pour les citoyens. La majorité des transporteurs desservant les zones rurales ont décidé de maintenir leur mouvement de grève, prolongeant ainsi l’isolement de nombreux villages.
À l’inverse, une dynamique positive est observée dans l’Est du pays. À Sétif, la gare routière a retrouvé ses bus assurant les liaisons urbaines et intercommunales. Bien que la reprise ne soit pas encore complète, elle apporte une bouffée d’oxygène aux voyageurs. Une tendance à l’apaisement similaire est signalée dans la wilaya de Batna.
Les regards sont désormais tournés vers le gouvernement. La fin totale du conflit dépendra de la mise en œuvre effective des promesses de négociations.

















