Les attaques américano-israéliennes contre l’Iran suivies de ripostes iraniennes contre des cibles régionales ont suscité des réactions officielles dans l’ensemble du Maghreb. Si tous les pays partagent une inquiétude face au risque d’embrasement régional, leurs positionnements diffèrent.
L’Algérie : priorité à la protection des ressortissants et prudence diplomatique
En Algérie, la réaction s’est d’abord traduite par des mesures concrètes. Les autorités ont installé une cellule de crise au sein du ministère des Affaires étrangères afin de suivre la situation des ressortissants algériens présents au Moyen-Orient.
Alger met l’accent sur la « dangereuse escalade militaire » et appelle ses citoyens à la prudence, tout en mobilisant son réseau diplomatique et consulaire. Le lancement de la plateforme « DZ Travellers », dédiée aux situations d’urgence pour les Algériens à l’étranger, s’inscrit dans cette logique de prévention.
Sur le plan politique, l’Algérie adopte une posture mesurée : axée sur la protection des ressortissants, la vigilance diplomatique et l’appel implicite à éviter toute escalade susceptible d’embraser davantage la région.
Le Maroc : condamnation des ripostes iraniennes
De son côté, Rabat a condamné explicitement les frappes iraniennes contre des pays du Golfe, les qualifiant de « violations flagrantes » de leur souveraineté.
Le ministère marocain des Affaires étrangères a exprimé sa solidarité avec les États arabes touchés — notamment l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar, le Koweït, Bahreïn et la Jordanie — et affirmé soutenir « toutes les mesures légitimes » qu’ils pourraient entreprendre pour assurer leur sécurité.
La Tunisie : attachement au principe de souveraineté et appel aux négociations
La Tunisie adopte une posture intermédiaire. Tunis a exprimé une « profonde préoccupation » face à l’escalade et aux risques de chaos régional.
Les autorités tunisiennes ont réaffirmé leur attachement au respect de la souveraineté des États et condamné toute atteinte à l’intégrité territoriale, sans désigner explicitement un camp comme principal responsable. Toutefois, la Tunisie a exprimé sa solidarité avec plusieurs pays arabes du Golfe visés par les frappes.
Tunis insiste sur la primauté du droit international, appelle à un cessez-le-feu immédiat et exhorte les parties à revenir à la table des négociations, tout en sollicitant l’implication du Conseil de sécurité.
La Mauritanie : double préoccupation et condamnation ciblée
La Mauritanie adopte une position articulée en deux temps. Nouakchott a exprimé son inquiétude face aux attaques américano-israéliennes contre l’Iran, tout en condamnant fermement les ripostes iraniennes visant des pays arabes.
La Mauritanie affiche une solidarité « inconditionnelle » avec les États du Golfe touchés et considère toute atteinte à leur sécurité comme une atteinte à la sienne. En parallèle, elle appelle à l’arrêt immédiat de l’escalade et au recours aux solutions diplomatiques dans le respect de la souveraineté des États.
Au-delà des nuances, tous les pays du Maghreb convergent sur un point : la crainte d’un embrasement généralisé au Moyen-Orient et l’urgence d’un retour à la désescalade.
















