Le détroit d’Ormuz, verrou du commerce pétrolier mondial, se retrouve au cœur d’une crise maritime aiguë après les attaques américano-israéliennes du 28 février.
La tension qui couvait depuis des mois dans le Golfe vient de franchir un nouveau seuil. Samedi 28 février 2026, après les frappes conjointes des États-Unis et d’Israël contre des installations militaires iraniennes, plusieurs assureurs spécialisés dans les risques de guerre ont commencé à résilier leurs polices couvrant les navires qui transitent par le détroit d’Ormuz.
L’information, rapportée par le Financial Times sur la foi de sources dans le courtage d’assurance, confirme ce que beaucoup redoutaient : le secteur maritime entre dans une zone de turbulences sans précédent récent.
Réaction rapide inattendue
Ce n’est pas la résiliation en elle-même qui surprend les professionnels du secteur — les clauses de guerre permettent ce type de retrait rapide en cas d’escalade — c’est la vitesse à laquelle les premières notifications sont tombées, à peine quelques heures après les premières explosions sur le sol iranien. Pour les armateurs qui n’ont pas (encore) été résiliés, la facture s’annonce lourde : selon les mêmes sources, les primes de risque de guerre pourraient bondir de 50 % dans les jours à venir.
L’Iran a répondu aux frappes en frappant à son tour des bases américaines dans la région. Dans ce contexte, des messages VHF non vérifiés ont commencé à circuler, affirmant que le détroit d’Ormuz était fermé à la navigation commerciale. La UK Maritime Trade Operations (UKMTO), l’agence britannique qui surveille la sécurité du trafic maritime dans la zone, a confirmé que ces diffusions avaient bien été reçues par des navires en route — sans pour autant en valider le contenu.
Quelle incidence immédiate sur le fret mondial ?
Le détroit d’Ormuz, large d’à peine 33 kilomètres à son point le plus étroit, est le passage obligé d’environ 20 % du pétrole brut échangé dans le monde. Sa fermeture, même partielle ou temporaire, aurait des répercussions immédiates sur les marchés énergétiques mondiaux, déjà sous tension. Le port de Duqm, à Oman, a par ailleurs suspendu ses opérations de soutage à la suite d’une attaque de drone, et un pétrolier sous sanctions américaines a été attaqué au large des côtes omanaises — son équipage, composé de 15 Indiens et cinq Iraniens, a pu être évacué.
Pour les armateurs, la situation force à des arbitrages difficiles : continuer à transiter au risque de se retrouver sans couverture, ou dérouter leurs navires vers des routes plus longues — et plus coûteuses. La pression sur le marché des assurances maritimes risque de durer tant que le niveau d’escalade militaire dans le Golfe ne sera pas clarifié.
















