Dans un contexte mondial marqué par l’intensification de la compétition pour les talents, l’Algérie affiche un retard préoccupant. Le pays se positionne au 96e rang mondial sur 135 nations et n’atteint que la 9e place africaine dans le prestigieux Global Talent Competitiveness Index (GTCI) 2025. Publié par l’Institut européen d’administration des affaires (INSEAD) et l’Institut Portulans, cet indice met en lumière les contraintes structurelles qui freinent le développement algérien. Ce déficit est manifeste dans des domaines cruciaux comme l’innovation, l’efficacité réglementaire et l’adéquation de la formation aux compétences avancées. Le classement du GTCI sonne comme un signal d’alarme : l’Algérie doit impérativement réformer son écosystème pour attirer et retenir les compétences indispensables à sa compétitivité future.
Le GTCI : Un baromètre indispensable à six piliers
Le GTCI est l’outil stratégique de référence utilisé par les gouvernements et les entreprises pour évaluer la capacité d’une nation à attirer, développer et retenir ses talents. L’indice se base sur 77 indicateurs et utilise un modèle d’entrées et de sorties pour fournir une évaluation complète.
Les quatre piliers d’entrée mesurent l’effort institutionnel et politique mis en place par le pays. Il s’agit du pilier Faciliter (efficacité de la gouvernance et environnement réglementaire favorable), du pilier Attirer (ouverture aux talents étrangers et qualité de la protection sociale), du pilier Développer (investissements en Recherche & Développement et qualité des systèmes éducatifs) et du pilier Retenir (bien être des employés et qualité de vie générale). Les deux Piliers de Sortie mesurent quant à eux les résultats concrets en termes de compétences disponibles : les Compétences professionnelles et techniques (incluant les compétences numériques) et les Compétences générales adaptatives (capacité d’adoption de l’IA et compétences relationnelles). Un score moyen de 0 à 100 points est attribué à chaque pays, l’Algérie se situant donc bien en dessous de la moyenne des pays développés.
L’Algérie distancée : Un défi régional et mondial
Avec son classement au 96e rang mondial, l’Algérie est largement distancée par les leaders. L’Île Maurice, par exemple, s’impose comme le leader africain (49e mondial), démontrant qu’une gouvernance efficace peut transformer l’écosystème des talents. L’Algérie est devancée par d’autres nations d’Afrique du Nord, notamment la Tunisie (88e) et l’Égypte (94e), mais réussit à se placer juste devant le Maroc (98e) au sein du Top 10 africain.
Le contraste est encore plus saisissant avec les leaders mondiaux comme Singapour, la Suisse et le Danemark, qui ont atteint un niveau d’excellence dans l’intégration de tous les piliers du GTCI. Même les grandes puissances traditionnelles, telles que les États Unis (9e) ou l’Allemagne (17e), maintiennent des positions solides. Le résultat du GTCI 2025 est donc un appel urgent pour l’Algérie : il est vital de concentrer les réformes sur les piliers d’entrée Faciliter et Développer pour transformer le potentiel de la jeunesse algérienne en un avantage compétitif durable à l’ère numérique.