En évoquant publiquement un arrêt volontaire des livraisons de gaz à l’UE, Vladimir Poutine place l’Algérie dans une position de fournisseur alternatif de premier plan.
Vladimir Poutine a déclaré le 4 mars, dans un entretien au journaliste de la télévision d’État russe Pavel Zarubin, que la Russie pourrait cesser d’approvisionner l’Europe en gaz avant que Bruxelles ne l’y contraigne. « Si l’on va nous fermer le marché dans un mois ou deux de toute façon, il vaudrait peut-être mieux partir maintenant et aller s’installer là où de nouveaux marchés s’ouvrent », a déclaré le président russe, précisant aussitôt qu’il ne s’agissait pas d’une décision mais d’une « réflexion à voix haute ». Il a indiqué qu’il allait demander au gouvernement d’étudier la question avec les compagnies énergétiques russes.
La déclaration intervient dans un calendrier précis. Le Conseil de l’UE a formellement adopté le 26 janvier 2026 un règlement interdisant les importations de gaz russe, avec une entrée en vigueur fixée au 25 avril 2026 pour le GNL et au 17 juin 2026 pour le gaz par gazoduc. Les contrats à long terme seront interdits à partir de l’automne 2027.
Dans ce même entretien, Poutine a cité l’Algérie parmi les fournisseurs qui ont maintenu leurs livraisons à l’UE sans réduction de volumes, aux côtés des États-Unis et de la Norvège. Une mention qui conforte le positionnement de Sonatrach à un moment où la crise d’Ormuz pèse déjà sur les exportations qataries et ravive la demande européenne pour des approvisionnements sécurisés.
La part du gaz russe dans les importations européennes est passée de 45 % en 2021 à 13 % en 2025. L’Algérie, qui fournit aujourd’hui plus de 20 Gm³ par an à l’Italie via le Transmed, occupe une place croissante dans ce rééquilibrage. Un arrêt anticipé des livraisons russes, même partiel, renforcerait mécaniquement la demande adressée à Sonatrach sur le marché spot comme sur les contrats de long terme.
















