Le marché des dates en Algérie traverse une crise paradoxale. Alors que la filière enregistre cette année un record de production, les agriculteurs du Sud peinent à écouler leurs récoltes. Un député alerte le Premier ministre : sans mesures d’urgence, dont l’ouverture des exportations, la situation risque de s’aggraver.
« Un ralentissement du marché malgré une abondance exceptionnelle »
Cette saison, le secteur dattier algérien a réalisé une performance historique. « La production est abondante et conforme aux normes de qualité », écrit le député Krid El Hadj Laâroussi dans sa lettre au Premier ministre. Pourtant, cette réussite agricole se transforme en cauchemar économique.
Les chambres froides des wilayas du Sud débordent. «Une accumulation importante des stocks pèse lourdement sur les producteurs», précise le parlementaire. À l’origine de ce paradoxe : des dysfonctionnements dans l’organisation du marché, une augmentation des coûts de stockage et de transport, et une absence de circuits de commercialisation efficaces.
«Le marché des dates connaît un fort ralentissement», résume sobrement Krid El Hadj Laâroussi. Pour les agriculteurs sahariens, chaque quintal invendu représente une perte directe, dans des régions où le palmier dattier demeure la principale source de revenus.
« Des mesures urgentes de régulation s’imposent »
Face à cette situation critique, le député Krid El Hadj Laâroussi ne mâche pas ses mots. « Les pertes financières importantes subies par les producteurs menacent leur équilibre économique et leur stabilité sociale », alerte-t-il dans sa correspondance officielle.
Il cible plusieurs failles structurelles : « la faiblesse des mécanismes de promotion et d’exportation » et surtout « l’absence de marchés extérieurs stables ». Pour le parlementaire, ces lacunes transforment systématiquement les bonnes récoltes en crises récurrentes.
Krid El Hadj Laâroussi appelle à une réponse immédiate : « des mesures de régulation, de soutien à la commercialisation et de relance effective de l’exportation ». Une intervention des pouvoirs publics qui, selon lui, ne souffre plus de délai.
« Une surproduction importante dans l’avenir »
L’urgence dépasse la campagne actuelle. Le secteur dattier bénéficie d’investissements massifs. Cette agriculture va connaître une surproduction importante dans l’avenir. Sans débouchés extérieurs, la pression sur le marché local deviendra intenable. « La situation sera plus compliquée dans l’avenir », prédit Krid El Hadj Laâroussi. L’exportation s’impose comme le seul levier viable pour absorber les volumes excédentaires.
Sur le marché mondial, la demande pour les dattes de qualité, notamment Deglet Nour algérienne progresse régulièrement. Reste à coordonner producteurs, conditionneurs et autorités pour transformer cette crise en opportunité stratégique. Faute de quoi, le Sud algérien risque de payer cher ses succès agricoles.
















