Le TTF néerlandais a franchi les 60 euros le mégawattheure ce mardi en fin de matinée. En quarante-huit heures, le contrat de référence du gaz européen a quasiment doublé, effaçant d’un coup des mois de relative accalmie sur les marchés de l’énergie. Les salles de marché n’avaient pas vécu pareille séquence depuis la crise de 2022.
Tout a commencé lundi avec l’annonce de l’arrêt temporaire de la production de GNL au Qatar, l’un des principaux pourvoyeurs de gaz du continent. Le TTF a bondi ce jour-là de 32 à 43 euros le mégawattheure, soit près de 40% en une seule séance. Dès l’ouverture de mardi, les cours ont repris leur ascension, franchissant successivement les seuils de 50 puis de 60 euros, dans une volatilité que les opérateurs qualifient d’extrême.
TTF néerlandais — Prix du gaz européen
Ormuz, le passage qui inquiète l’Europe
La guerre en Iran pèse désormais sur chaque transaction. Les marchés redoutent une paralysie du détroit d’Ormuz, goulet par lequel transite une part déterminante des exportations de GNL qatari à destination des terminaux européens. Ce scénario, jugé improbable il y a encore quelques semaines, s’est installé dans les anticipations des négociants comme une hypothèse de travail sérieuse. Les stocks européens, bien garnis à l’entrée de l’hiver, ne suffiraient pas à absorber un choc prolongé sur les approvisionnements.
La tension n’est pas née de nulle part. Depuis plusieurs semaines, le PEG français avait déjà quitté son niveau plafonné de 105 euros le mégawattheure pour remonter autour de 140 à 143 euros en février, signal avant-coureur que les marchés anticipaient une contraction des flux de GNL avant même l’été. La flambée de ces deux derniers jours n’a fait que précipiter un mouvement qui couvait.
À Bruxelles, les gouvernements et les régulateurs se préparent à des turbulences répétées. Les discussions sur le renforcement des capacités de stockage, l’accélération des renouvelables et l’ajustement des boucliers tarifaires ont repris de l’intensité. Pour les industriels grands consommateurs d’énergie, l’équation redevient brutalement familière. L’année 2026 s’annonce longue.
















