Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudene, a reçu le 12 février une délégation de la SNAPO (Syndicat National des Pharmaciens d’Officine), présidée par Dr Sami Tirache, dans une tentative de dialogue après des semaines de polémique autour d’un projet de décret contesté.
Cette rencontre survient dans le prolongement de l’annonce du projet le 15 janvier à l’APN. Le gouvernement veut accélérer les ouvertures d’officines privées (12 938 existantes) via une plateforme numérique transparente, pour mieux approvisionner les citoyens en médicaments.
Front syndical uni contre la « libéralisation anarchique »
Des réunions internes au CNOP (Conseil National de l’Ordre des Pharmaciens) les 2-3 février ont scellé un front commun contre la mouture gouvernementale de ce projet de décret destiné à réguler la profession de pharmacien.
Le SNAPO qualifie le texte d' »acte de décès de la pharmacie de ville », en supprimant la norme « 1 officine pour 5000 habitants ». Il craint la saturation des zones urbaines et l’aggravation des faillites (une par jour déjà signalée). Le CNOP a rendu public un communiqué commun avec le SNAPO en date du 8 février, où ils rejettent le projet dans sa mouture initiale et réclament plus de temps pour consultation. Quant au SNPAA (Syndicat National des Pharmaciens Agréés), il dénonce « un mépris du dialogue tripartite ». L’ADPHA a de son côté salué la démarche commune du CNOP et du SNAPO et apporté son « soutien total et sans réserve pour un encadrement réglementaire équilibré de la pratique pharmaceutique ».
La rencontre ministérielle marque-t-elle un tournant, ou un simple sursis avant la crise ? Les pharmaciens de ville, pivot de l’accès aux soins, attendent des garanties économiques face à une réforme jusqu’ici unilatérale.
















