Discrimination public-privé: L’Etat veut casser le secteur privé des assurances

Discrimination public-privé: L’Etat veut casser le secteur privé des assurances

Les entreprises publiques d’assurance et AXA ont un pouvoir illimité de souscription des assurances entreprises PME-PMI, tandis que les compagnies privées sont limitées en la matière à moins de 500.000.000 DA

 

Le secteur des assurances souffre terriblement de la discrimination entre le secteur public et le secteur privé. Pourtant, officiellement, cette discrimination fait partie du passé, la Constitution de 2016 interdisant clairement la discrimination, la concurrence déloyale, le dumping et le monopole dans son article 43. Politiquement, tous les responsables, y compris le Président de la République et les différents premiers ministres qui se sont succédé ces dix dernières années le disent. Or, les comportements discriminatoires existent et ils ne sont pas que théoriques. Ils font des victimes chaque jour et, ce faisant, fragilisent le secteur privé naissant et bloquent la dynamique économique du pays. Ces comportements ont au moins un visage : La Banque Extérieure d’Algérie.

Dans le secteur des assurances en effet, les entreprises publiques et la compagnie AXA, dont la Banque Extérieure d’Algérie détient 15% et le FNI 36%, ont un pouvoir illimité de souscription des assurances entreprises PME-PMI, tandis que les compagnies d’assurance privées sont limitées en la matière à moins de 500.000.000 DA.  C’est ce qui ressort nettement de l’instruction N° 122/2/DG du 04 Mars 2012 de la BEA, qui limite la nature et le seuil de couverture du risque pour les entreprises privés et le déclare illimité pour les entreprises publiques et AXA. Or, l’écrasante majorité des compagnies privées disposent d’un traité de réassurance qui couvre un minimum de 5 milliards de DA par risque et, en plus, la plupart des valeurs assurés des risques PME-PMI dépassent largement les 500.000.000 DA, ce qui les exclut de facto du segment très important du marché qu’est la PME-PMI.

Cette situation est vécue comme une cinglante discrimination par les compagnies d’assurance privées. « Ces pratiques discriminatoires sont d’un autre  âge. Elles doivent cesser immédiatement », fulmine Hassan Khelifati, patron d’Alliance Assurance, qui insiste sur « la nécessité de respecter la Constitution dont l’article 43 stipule sans ambages l’interdiction de la discrimination, de la concurrence déloyale, du dumping et du monopole ». Toutefois, vue la gravité de la chose, M. Khelifati  et ses collègue du secteur ne se contenteront désormais pas  de dénoncer ce dérapage. «  Les acteurs du secteurs privés des assurances sont en concertations en ce moment. Nous allons saisir l’ABEF, la Banque d’Algérie et le ministère des Finances pour protester contre cette décision et demander sa levée immédiate. Il est inacceptable que la BEA discrimine entre le public et le privé », annonce-t-il.

 

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