Rien que pour la consommation enregistrée lors du pic historique du 23 juillet 2025, la demande s’est élevée à plus de 20.628 gigawatts, et ce n’est qu’une première estimation, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), qui prévoit une progression continue de 4,5% par an jusqu’en 2030.
Dans son dernier rapport publié début février, l’AIE a dressé un état des lieux des perspectives énergétiques africaines pour exposer les défis du continent et surtout pour analyser comment les pays producteurs d’hydrocarbures comme l’Algérie comptent gérer l’équilibre entre consommation domestique et engagements d’exportation.
La demande électrique de l’Algérie devrait ainsi augmenter en moyenne de 4,5% par an, portée par la croissance économique, l’expansion démographique et l’intensification des besoins en climatisation face aux vagues de chaleur extrêmes.
Une année 2025 sous haute tension
L’année 2025 a marqué un tournant pour le secteur électrique avec une hausse de la consommation de 5,4% par rapport à 2024, confirmant une tendance lourde : la consommation électrique a tout simplement triplé entre 2011 et 2025. Le reflet d’un pays qui se développe et d’un niveau de vie qui s’améliore.
Et d’informer à ce propos que le réseau national, avec une capacité installée de 27,33 gigawatts et une production annuelle avoisinant les 100 térawatts-heures, a réussi à tenir lors des canicules de l’été dernier. Mais un chiffre interpelle : les centrales au gaz naturel représentent 99% du mix électrique, ce qui soulève des questions sur la durabilité du modèle énergétique.
Paradoxalement, malgré cette demande intérieure qui flambe, le pays continue d’honorer ses engagements envers la Tunisie voisine. En 2025, les exportations d’électricité ont atteint 3,1 térawatts-heure, soit 14% de l’approvisionnement total. Un équilibre délicat à maintenir.
Face à cette demande croissante, l’État algérien investit près de 1,2 milliard de dollars dans le renforcement et la modernisation du réseau électrique national. Ces investissements visent également la mise en service de nouvelles centrales électriques pour garantir l’équilibre entre la consommation domestique et les engagements d’exportation de gaz naturel du pays.
Le solaire, ce grand absent
C’est le point noir du tableau. Selon l’AIE, la part du solaire dans le mix électrique algérien devrait péniblement passer de 1% en 2025 à un peu plus de 2% en 2030. Un quasi-immobilisme qui s’explique par les retards accumulés dans l’exécution des appels d’offres du programme national des énergies renouvelables.
Dénonçant cette dépendance quasi-totale aux hydrocarbures, l’agence onusienne note néanmoins une lueur d’espoir : les importations de panneaux solaires ont décollé en 2025, multipliant par six pour atteindre 2,1 gigawatts. Le dernier trimestre a été particulièrement dynamique avec 700 mégawatts importés, signe que le programme national entre enfin dans sa phase concrète.
Avant de conclure, le rapport de l’AIE signale que des dispositions devront être prises pour concilier sécurité énergétique, obligations d’exportation de gaz et transition vers des sources d’énergie plus durables.
















