Les États-Unis et Israël ont lancé des opérations militaires conjointes contre l’Iran dans la nuit du 28 février. La réunion de l’Opep+ prévue ce dimanche se tient dans un contexte radicalement différent de celui qui prévalait quarante-huit heures plus tôt.
La réunion des huit membres de l’Opep+ prévue ce dimanche 1er mars pour statuer sur une hausse de production de 137 000 barils par jour en avril se tient désormais sur fond de guerre ouverte. Le 28 février à 2h30 (heure de Washington), Donald Trump a annoncé que les forces armées américaines avaient lancé « des opérations de combat » en Iran, conduites par air et par mer.
Des explosions ont été entendues à Téhéran. Sept impacts de missiles ont été signalés dans les quartiers Keshvardoust et Pasteur, secteur où se situe la résidence du guide suprême Ali Khamenei, transféré selon une source iranienne dans un lieu sûr. Des frappes ont également touché Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah, selon la presse iranienne.
Maghreb Émergent avait suivi l’escalade depuis plusieurs semaines, signalant dès vendredi dernier que l’absence d’accord à Genève maintenait le Brent à 72 dollars et que les marchés intégraient la prime de risque d’un conflit. Notre média avait également documenté la mécanique de la hausse des cours depuis les premières menaces de Trump en janvier, rappelant que l’Iran, quatrième producteur de l’Opep, pompe 3,2 millions de barils par jour.
Riposte iranienne et embrasement régional
Les Gardiens de la Révolution ont confirmé avoir lancé une première vague d’attaques massives de missiles et de drones. Un centre du quartier général de la cinquième flotte américaine à Bahreïn a été frappé. L’Iran affirme également avoir visé la base Al-Udeid au Qatar, la base Al-Salem au Koweït et la base Al-Dhafra aux Émirats arabes unis.
L’Iran a fermé son espace aérien jusqu’à nouvel ordre. Le pays est par ailleurs en quasi-total blackout internet, avec une connectivité nationale réduite à 4 % des niveaux normaux.
Le scénario redouté par les analystes se matérialise donc. Le cabinet Eurasia Group chiffrait à 65 % la probabilité de frappes américaines d’ici fin avril, et que le détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, redeviendrait l’épicentre des tensions mondiales en cas d’escalade.
Le plan saoudien désormais activé
Dans ce contexte, le dispositif de contingence saoudien prend toute sa dimension. Riyad avait préparé un plan lui permettant d’accroître rapidement sa production et ses exportations en cas de perturbation des flux régionaux. L’armée israélienne a confirmé que ses frappes avaient visé des dizaines d’objectifs militaires et avaient été menées après des mois de planification conjointe avec les États-Unis.
Pour l’Algérie, membre de l’Opep+ dont les recettes budgétaires restent indexées sur les cours du brut, la situation est à double tranchant. Un embrasement durable du Moyen-Orient rebat aujourd’hui toutes les cartes pour la planification budgétaire d’Alger dans un marché pétrolier déjà difficile à prévoir.
















