138 000 barils par jour. C’est ce que la France a importé d’Algérie en avril 2026, brut et produits raffinés confondus, voie maritime seulement. Un mois plus tôt, le compteur affichait 43 000. La progression, 225% en trente jours, n’appelle pas vraiment de commentaire sur la forme. Les chiffres se suffisent.
Les données compilées par la plateforme Attaqa, repositionnent Paris en tête du palmarès des acheteurs de brut algérien pour le mois écoulé. La France a absorbé environ 15% des exportations totales de l’Algérie, qui ont atteint 903 000 barils/jour en avril, en hausse de 27% sur un mois.
Sur l’ensemble des quatre premiers mois de 2026, le flux vers la France s’établit en moyenne à 95 000 barils/jour, soit 3 000 de plus que sur la même période de 2025. Une progression modeste, encadrée par des écarts mensuels qui ont peu à voir avec une tendance linéaire : 53 000 en janvier, 146 000 en février, 43 000 en mars, 138 000 en avril.
Corée, Espagne, États-Unis : le reste du podium
Derrière la France, la Corée du Sud pointe au second rang avec 132 000 barils/jour, après un recul de 22% par rapport à mars. L’Espagne, troisième, a plus que doublé ses achats en un mois, 116 000 barils/jour contre 56 000, dans un calendrier qui coïncide, non sans ironie, avec les discussions persistantes autour du gazoduc Medgaz et des relations énergétiques algéro-espagnoles. Les États-Unis arrivent quatrièmes avec 102 000 barils/jour (+40,6% mensuel). L’Italie, traditionnellement bien positionnée, ne figure qu’en cinquième place avec 55 000 barils/jour, contre 7 000 en mars, ce qui ressemble davantage à une correction qu’à une dynamique.
Sur l’ensemble de 2025, la France avait importé en moyenne 1,638 million de barils/jour de pétrole brut et produits pétroliers, toutes origines confondues, soit 77 000 de moins qu’en 2024. La part algérienne dans cet ensemble reste limitée, mais elle n’est pas négligeable pour Sonatrach, dont les exportations vers l’Europe constituent un débouché régulier.


