Khaled Haftar se rend à Rabat sur fond de divisions persistantes en Libye

Le chef d’état-major des forces de l’est libyen effectue une visite officielle au Maroc du 11 au 15 octobre, quelques mois après un premier échange avec les responsables militaires marocains en Angola. Cette séquence intervient alors que la réunification des institutions libyennes reste un objectif central du processus politique soutenu par l’ONU.

Mecipsa Amokrane
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Le Maroc accueille depuis le 11 octobre 2026 Khaled Haftar, chef d’état-major des forces militaires relevant du camp de l’est libyen et fils du maréchal Khalifa Haftar (DR)
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Le Maroc accueille depuis le 11 octobre 2026 Khaled Haftar, chef d’état-major des forces militaires relevant du camp de l’est libyen et fils du maréchal Khalifa Haftar. Le responsable militaire a été reçu à Rabat par le général Mohammed Berrid, inspecteur général des Forces armées royales (FAR) et commandant de la Zone Sud, dans le cadre d’une visite officielle prévue jusqu’au 15 octobre, selon les informations publiées par les autorités militaires marocaines et les médias libyens.

Les échanges ont porté sur le renforcement des relations militaires entre les deux parties, la coordination entre leurs institutions et les perspectives d’actions conjointes face aux défis sécuritaires régionaux. Les informations rendues publiques ne précisent toutefois ni les modalités concrètes d’une éventuelle coopération opérationnelle ni la conclusion d’un nouvel accord militaire.

Cette visite s’inscrit dans la continuité des contacts établis en juillet dernier à Luanda, en Angola, entre Khaled Haftar et Mohammed Berrid, en marge d’une rencontre de responsables militaires africains. Les discussions avaient alors porté sur le développement de la coopération militaire et sécuritaire ainsi que sur la coordination face aux défis régionaux, selon les comptes rendus publiés à l’époque.

Une Libye toujours divisée

Le déplacement intervient dans un contexte politique et institutionnel marqué par la persistance des divisions en Libye. Le Gouvernement d’unité nationale dirigé par Abdelhamid Dbeibah siège à Tripoli, à l’ouest du pays, tandis que le maréchal Khalifa Haftar et les forces qui lui sont affiliées exercent leur contrôle sur l’est et une grande partie du sud.

Cette fragmentation demeure l’un des principaux obstacles à la réunification des institutions politiques, militaires et sécuritaires du pays. Elle complique également l’organisation d’élections nationales et la mise en place d’un cadre institutionnel accepté par les différents acteurs libyens.

Le processus conduit par la Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) vise notamment à faire progresser le cadre juridique et électoral, à réunifier les institutions et à créer les conditions nécessaires à la tenue d’élections présidentielles et législatives.

Le 30 août 2026, la mission onusienne a annoncé un accord portant sur les premières étapes de sa feuille de route politique, notamment la recomposition de la commission électorale et le règlement de questions en suspens concernant le cadre constitutionnel et juridique des élections. La mise en œuvre de cet accord reste une étape importante du processus, qui dépend de la coopération des acteurs libyens.

La réunification libyenne reste un enjeu régional

La visite revêt également un intérêt pour l’Algérie, voisine de la Libye et directement concernée par les évolutions politiques et sécuritaires de ce pays. Alger défend officiellement un règlement politique inclusif, le respect de la souveraineté libyenne, le rejet des ingérences étrangères et la réunification des institutions nationales.

Cette position a notamment été réaffirmée lors de la réunion ministérielle du mécanisme tripartite Algérie-Tunisie-Égypte consacrée à la crise libyenne, tenue au Caire le 21 mai 2026. Les trois pays avaient alors rejeté les ingérences étrangères et soutenu les efforts visant au retrait des forces étrangères, des combattants étrangers et des mercenaires présents en Libye, ainsi qu’à la réunification des institutions militaires et sécuritaires.

Dans ce cadre, le développement des relations entre Rabat et les responsables militaires de l’est libyen constitue une évolution à suivre dans l’environnement diplomatique régional.

La portée de cette séquence dépendra notamment des suites données aux discussions : éventuels accords formalisés, programmes de coopération, échanges de formation ou mécanismes permanents de coordination. En l’absence de précisions publiques sur ces aspects, la visite confirme avant tout l’intensification des contacts entre les autorités militaires marocaines et le camp de Khalifa Haftar, alors que la Libye demeure confrontée au défi de l’unification de ses institutions.

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