L’accord de pêche Maroc-UE est entré en vigueur: satisfaction espagnole, les ONG consternées

L’accord de pêche Maroc-UE est entré en vigueur: satisfaction espagnole, les ONG consternées
Les ONG contestent l'inclusion des côtes du Sahara occidental dans les négocaitions euro-marocaines.

126 navires battant pavillon de 11 pays européens reviendront bientôt pêcher dans les eaux territoriales du Maroc et du Sahara Occidental, en échange d’une contrepartie financière annuelle de 40 millions d’euros, soit un peu plus que les 36,1 millions d’euros que Bruxelles versait au Maroc entre 2007 et 2011.

 

Dans les prochains jours, 126 navires battant pavillon de 11 pays européens reviendront pêcher dans les eaux territoriales du Maroc et du Sahara Occidental. Ces bateaux ont obtenu des licences délivrées vendredi par la Commission mixte chargée de la mise en œuvre du nouveau protocole de l’Accord de partenariat dans le secteur de la pêche entre le Maroc et l’Union Européenne (UE).

La commission a délivré ces licences à des navires européens remplissant toutes les conditions. Sa réunion est une des conditions exigées par le protocole d’accord signé le 15 juillet dernier entre Rabat et Bruxelles pour l’octroi des licences de pêche à 126 navires européens, dont 99 bateaux-usines espagnols.

 

Satisfaction espagnole

 

L’annonce de l’octroi de licences aux bateaux de pêche européens a été saluée en Espagne, notamment par le gouvernement autonome d’Andalousie et la Confédération espagnole de la pêche (CEPESCA).

Le président de la Fédération andalouse des associations de pêche (FAAPE), Pedro Maza, a relevé l' »importance de cet accord pour l’Espagne et en particulier pour l’Andalousie ». Elena Viboras, ministre de l’Agriculture, de la Pêche et du Développement rural du gouvernement autonome d’Andalousie, a également salué l’accord, qui représente à ses yeux une  »importance économique » pour les ports du détroit de Gibraltar ; particulièrement celui de Barbate. Selon elle, le retour de la flottille de pêche andalouse dans les eaux marocaines et du Sahara Occidental permettra à plus de 400 pêcheurs de travailler, avec la création de 300 postes d’emploi indirects de plus dans l’industrie de transformation du poisson.

 

Une contrepartie de 40 millions d’euros

 

Cet accord, adopté lundi 12 décembre 2013 au Parlement européen par 310 voix pour, 204 contre et 49 abstentions, donne le feu vert à 126 navires battant pavillon de 11 pays européens, contre 137 navires en 2007, pour aller pêcher dans les eaux du Maroc et du Sahara Occidental pour les quatre prochaines années. Sur le plan technique, il prévoit six catégories de pêche, avec une réduction des possibilités de pêche par rapport au précédent. Il prévoit une contrepartie financière totale annuelle de 40 millions d’euros, soit un peu plus que les 36,1 millions d’euros que Bruxelles versait au Maroc entre 2007 et 2011. Près de 14 millions d’euros de cette enveloppe iront au renforcement du secteur marocain de la pêche dans le cadre du plan Halieutis.

L’ancien accord de pêche de 2007 n’avait pas été renouvelé fin décembre 2011 par les députés européens, qui l’avaient rejeté en recommandant que les intérêts du peuple du Sahara occidental soient « mieux pris en compte ».

 

Les ONG consternées

 

Des ONG de défense des droits de l’homme avaient dénoncé l’adoption de cet accord par le Parlement européen. Elles estiment qu’il ouvre de nouveau la voie à la spoliation des richesses halieutiques du Sahara Occidental et que le Maroc n’a pas le droit d’intégrer les eaux de ce territoire non autonome dans ses négociations avec l’UE.

Selon l’ONG Western Sahara Resource Watch (WSRW), l’UE a bafoué les droits de l’Homme le jour même de la célébration du 65e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.  »C’est une triste journée internationale » pour la paix et les droits de l’Homme, avait-elle estimé lors de l’annonce de l’adoption de cet accord. Pour WSRW, cet accord est également  »une mauvaise affaire » pour les stocks de poissons de la région: un rapport de Greenpeace a exhorté l’UE à ne pas l’approuver pour des raisons environnementales. 

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